Confession de foi de Nelly Étoukè (1er juillet 2018)

Nelly, crois-tu à Dieu notre Créateur ?

Avec la tradition chrétienne millénaire, je confesse que :

« Je crois en Dieu, le Père Tout-puissant, créateur du ciel et de la terre »

Et Je crois en un Dieu unique, un Dieu d´amour et d’une grande bienveillance qui m’inspire en toutes choses et me fait ressentir à quel point toute vie humaine est précieuse et sacrée

Je crois en ce Dieu juste et compatissant envers ceux et celles qui sont justes et humbles

Je crois en ce Dieu qui sonde les cœurs et les esprits et dont la volonté s’accomplit toujours au-delà du temps qui passe parfois trop vite

Je crois en ce Dieu fidèle qui répond toujours aux appels de ceux et celles qui sont sincères et qui se confient en Lui

Je crois en ce Dieu qui nous aime avec une bonté de mère et une grandeur infinie de père

Je crois en ce Père qui pardonne les fautes des cœurs et qui appelle chacun et chacune à se repentir et à vivre une vie digne.

Je crois en ce Dieu de miséricorde dont l’amour surpasse toutes les espérances

Je crois en mon Dieu qui m’aime sans conditions et ne m’abandonne jamais même lorsque tous et toutes me tournent le dos

 

Nelly, crois-tu à Jésus Christ notre Sauveur ?

Je crois en Jésus-Christ, le fils de Dieu, notre Seigneur et notre Sauveur

Je crois en ce Seigneur conçu du Saint-Esprit et né d’une jeune femme nommée Marie

Je crois en ce Sauveur qui a vécu notre condition humaine en toute chose sauf par le péché

Je crois en Jésus qui s’est fait proche de tous et de toutes, des pauvres et des riches et qui nous appelle à vivre libres sans le poids des apparences

Je crois en ce Seigneur plein de majesté qui nous aime tous et toutes avec un seul cœur

En lui, aucune ambiguïté, aucun faux-semblant

Je crois en ce Sauveur qui ouvre les cœurs et transforme toute chose en bien

Je crois en mon Jésus qui m’offre de devenir la meilleure version de moi-même jour après jour

 

Nelly, crois-tu à l’Esprit Saint actif dans le monde ?

Je crois en l’Esprit Saint consolateur

L’Esprit de Dieu qui me donne une vie simple et si belle
L’Esprit créateur qui renouvelle toute chose et appelle à recommencer ce qui était abandonné

À ouvrir ce qui était fermé et qui rend vivante la Parole de l'Evangile dans l'aujourd'hui de ma vie.

 

L’Esprit cher à mon cœur qui me donne le discernement de toujours demeurer dans la seule voie qui soit : celle du bien et de la vérité.


Église Saint-Jean 3 juin 2018                                                            Tous pour un, et…

Lire : 1 Samuel 8,4-20; Psaume 138; Jean 6,10-15 

 

En écoutant les nouvelles cette semaine, il était impossible de manquer la rencontre du G7 qui aura lieu cette semaine au manoir Richelieu dans la ville de La Malbaie. Le G7 est une organisation qui rassemble les sept pays les industrialisés du monde : les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, le Japon, l’Italie et le Canada. En plus de rencontres connexes entre les ministres de Finances, ou les chefs syndicaux ou encore des représentants de la jeunes, les sept chefs de gouvernements, les sept grands décideurs, se rencontrent pour parler des grands enjeux planétaires de l’heure et pour prendre des décisions. Au début, dans le années 1970, le G7 était surtout un forum économique. Mais au fil des décennies, il s’est graduellement occupé d’enjeux internationaux si bien que G7 tente de plus en plus de prendre position sur enjeux politique mondiale et notamment de sécurité internationale, ce qui provoque parfois bien des tensions entre ses membres aux tendances variées.

Cette rencontre du G7, et toutes les manifestations d’insatisfaction et de solidarité qui s’y greffent, nous donne l’occasion de parler du la question délicate de l’autorité et de la prise de décision.

Dans le premier passage biblique que nous lu, nous voyons les représentants du peuple d’Israël venir trouver Samuel pour lui demander de leur donner un roi. Jusqu’alors Israël avait été gouverné par des « Juges » comme Samson, Gédéon ou Déborah. Les « juges » n’étaient pas des personnages avec une robe noire et une perruque comme on en voit aujourd’hui. C’était des « sages » reconnus et choisis par toute la communauté comme arbitres, comme médiateurs, comme conciliateurs, ou alors, en cas de conflits, comme gouvernants et comme chefs de guerre.

Samuel est le dernier des juges. Et il commence à se faire vieux. Et quand les gens viennent le voir, non seulement on lui dit qu’il commence à se faire vieux, mais que l’institution même des juges commence à être vieillotte, qu’elle est rétrograde, désuète. On veut s’en débarrasser. Tous les peuples autour d’Israël ont un roi : les Syriens, les Philistins, les Ammonites !… Israël est le seul peuple qui n’a pas de roi ! On veut être modernes, à la page, on veut un « vrai » gouvernement, disent les représentants du roi ! On veut du changement !! On veut se débarrasser des « vieilles affaires », disent-ils. Et Samuel est très déçu de leur demande.

Remarquons que les chapitre 8 à 11 du Premier livre de Samuel sont le résultat de plusieurs couches de rédaction; certains passages sont très en faveur de l’établissement de la royauté; par exemple au chapitre 10, verset 24 : « Samuel dit a tout le peuple : "Avez-vous vu celui qu’a choisi le Seigneur ? Il n’a pas son pareil dans tout le peuple." Tout le peuple vit une ovation en criant : "Vive le roi !" »; ou encore le chapitre 11 qui relate une série de brillantes victoire de Saül le nouveau roi contre les Ammonites. Il s’agit certainement de la première couche rédactionnelle. Après sont venus déceptions et les désillusions (réfléchir au fait que les élections s’en viennent au Québec) vis-à-vis la royauté et les passages qui en sont beaucoup plus critiques, comme ce chapitre 8 dont nous avons lu la première partie où Samuel exprime son immense déception.

C’est vrai qu’il y a certains avantages à avoir un roi; cela assurera une certaine stabilité politique et sociale, cela permettra l’unification des tribus israélites qui jusqu’alors étaient des rivales souvent en conflit les unes contre les autres, cela amène la prospérité économique et une certaine richesse.

Cependant Samuel prévient les représentants du peuple de deux dangers. Premièrement en choisissant un roi, le peuple d’Israël deviendra un peuple comme les autres; Israël n’a pas besoin d’un roi, car c’est l’Éternel qui est son roi, le Roi au-dessus de tous les autres rois de la Terre ! C’est ce qu’exprime, le Psaume 138, comme la douzaine des psaumes « royaux » du recueil; on y exalte le grand roi au-dessus de tous les rois : « Que tous les rois de la terre te célèbrent, Seigneur, (…) Qu’ils chantent sur les routes du Seigneur :"Grande est la gloire du Seigneur !" » C’est Dieu qui a créé les cieux est la terre, c’est Dieu qui domine toute sa création, les autres rois ne sont que ses vassaux. L’auteurs du passage de Samuel ne se trompe pas quant aux immenses conséquences futures de la décision du peuple de changer de régime politique; il fait dire à Dieu : « Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi. Ils ne veulent plus que je règne sur eux. » (v. 7)

Deuxièmement, Samuel leur fait une liste de tous les mauvais côtés de la domination qui vient avec la royauté, depuis les charges et les obligations, le potentiel danger des excès et des caprices du souverain jusqu’aux dérives vers l’autoritarisme, de l’autocratie, de l’absolutisme, le favoritisme, le népotisme.  « Il prendra vos fils pour les affecter à ses chars et à sa cavalerie… Il les prendra pour s’en faire des chefs de millier et des chefs de cinquantaine, pour labourer son labour, pour moissonner sa moisson, pour fabriquer ses armes et ses harnais. Il prendra vos filles comme parfumeuses, cuisinières et boulangères. Il prendra vos champs, vos vignes et vos oliviers. Il les prendra et les donnera à ses serviteurs. Il lèvera la dîme sur vos grains et sur vos vignes et la donnera à ses eunuques et à ses serviteurs. Il prendra vos serviteurs et vos servantes, les meilleurs de vos jeunes gens et vos ânes pour les mettre à son service… » La liste est longue.

Mais l’histoire nous dit que le peuple n’a pas voulu écouter Samuel, et Saül sera choisi.

Dans le troisième récit on voit la foule qui, après avoir vu Jésus multiplier les pains, veut « l’enlever pour le faire roi » (v.15). Mais Jésus refuse la royauté; non pas parce qu’il ne mérite pas d’être toi, mais comme il le dira plus tard : son Royaume n’est pas de ce monde. Deux autres fois, Jésus est appelé « roi » dans l’évangile de Jean : au moment de son entrée triomphale à Jérusalem (12,13) et lors de son procès devant Pilate (18,33-38); deux autres « couronnements » sans suite aucune.

Par son refus, Jésus manifeste sa rupture avec les conceptions du pouvoir et de l’autorité de son temps, sa rupture avec les espérances eschatologiques et visions messianiques de libération armée, par la force et la violence. Jésus est le roi de la paix, le roi de la justice, le roi de la compassion. Un roi qui sert et qui nourrit. Ne vient-il tout juste de leur montrer ce qu’ils doivent faire : prendre soin des autres et nourrir les affamés ?

C’est certes une prière que nous pouvons faire : celle de demander à Dieu d’éclairer les grands du G7 d’exercer leur autorité à la manière de Jésus. C’est certes un appel que nous pouvons certes lancer aux grands de ce monde, aux décideurs des pays industrialisés : la façon de gouverner que montre Jésus, c’est de servir les autres, c’est de nourrir les gens qui ont faim, c’est de protéger l’environnement, c’est de relever ce qui est courber, c’est d’être du côté des plus vulnérables de la terre; c’est faire de ce monde on monde plus juste et plus égalitaire, où il fait bon vivre; et c’est une mission qui est, sans le moindre doute, également la nôtre.

 

David Fines


« Un amour révélé par Jésus »                Prédication de Robert Jacques à l’église unie Saint-Jean (13 mai 2018)

Lecture de la Première Lettre de saint Jean (4,11-15)

Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu.

Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection.

Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné part à son Esprit. Quant à nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde.

Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu.

Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru.
Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.

 

Lecture de la 1ère lettre aux Corinthiens (13,1-13)

Quand je parlerais les langues des humains et des anges, si je n’ai pas l’amour, je suis une pièce de bronze qui résonne ou une cymbale qui retentit. Quand j’aurais la capacité de parler en prophète, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi qui transporte des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens, quand même je livrerais mon corps pour en tirer fierté, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert à rien.

L’amour est patient, l’amour est bon, il n’a pas de passion jalouse ; l’amour ne se vante pas, il ne se gonfle pas d’orgueil, il ne fait rien d’inconvenant, il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’irrite pas, il ne tient pas compte du mal ;  il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il se réjouit avec la vérité ; il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.

L’amour ne succombe jamais. Les messages de prophètes ? ils seront abolis ; les langues ? elles cesseront ; la connaissance ? elle sera abolie. Car c’est partiellement que nous connaissons, c’est partiellement que nous parlons en prophètes ; mais quand viendra l’accomplissement, ce qui est partiel sera aboli. 

Or maintenant trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais c’est l’amour qui est le plus grand.

 

***

         

Que ces deux textes sont beaux, inspirants. Est-il nécessaire de les compléter par une prédication ? Une paisible méditation serait peut-être plus d’à-propos ici. Oui, ces deux textes convoquent au recueillement, à la quiétude. Certaines traductions bibliques nomment le passage de la lettre aux Corinthiens : l’Hymne à l’amour. Et on peut penser ici à Édith Piaf dont une des plus célèbres chansons porte ce titre. Et la liste de ceux et celles qui ont chanté l’amour – Brel, Barbara, Vigneault et combien d’autres – oui, cette liste est quasi infinie.

Vraiment deux beaux textes bibliques que nous avons aujourd’hui. Mais il est important de savoir qu’ils n’ont pas d’abord été écrits pour magnifier l’amour, comme dans les chansons. Ni Paul ni l’auteur de la 1ère lettre de Jean ne voulaient faire de la poésie. Car les communautés auxquelles étaient destinées leurs lettres étaient traversées par de nombreux conflits. À Corinthe, on débattait sur des questions et des problèmes très sérieux, déchirants même. Des clans s’étaient formés autour des personnalités marquantes de la foi chrétienne naissante : certains se réclamaient de Pierre, d’autres de Paul ou d’Apollos. On était confronté à un cas d’inceste, on se permettait des procès entre membres de la communauté devant des magistrats païens, on faisait des tables séparées entre riches et pauvres lors du repas du Seigneur. On se querellait également – en québécois, je dirais « on s’astinait» - pour déterminer qui détenait le plus grand charisme, le plus grand  don de l’Esprit : est-ce le don de prophétie, celui de parler en langues, d’accomplir des guérisons ou des miracles, l’humble don de servir ou celui de gouverner ? Voilà ce dont les Corinthiens débattaient entre eux lorsque Paul leur écrit ce passage qu’on nous venons de lire. Il les invite à chercher les dons les plus grands, un traducteur propose ceci : « Jalousez les dons les plus grands ». Les Corinthiens ont dû éprouver une « petite gêne » à la lecture de ces lignes. Elles ne suscitaient pas leur admiration, mais au contraire, ils y ont sûrement vu la critique de leurs comportements peu chrétiens.

Paul y va fort : si je n’ai pas l’amour, mes dons, mes connaissances, mes gestes remarquables ne sont rien.

Il en va de même dans la communauté à laquelle s’adresse Jean. Des crises profondes ébranlent les croyants. L’auteur n’est pas très explicite sur les débats vécus. Mais lorsqu’il affirme dans l’extrait que nous avons écouté que Jésus est le Fils de Dieu ou le Sauveur du monde, il conteste en fait des gens à l’interne ou à l’externe qui niaient ces éléments centraux de la foi partagée par la communauté. Et il présente l’amour entre les croyants comme la réalisation de la vraie foi : Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. Des traductions proposent ici « son amour se réalise en nous », « son amour s’accomplit en nous ».

Dieu, nul ne l’a jamais vu, mais il est amour, dit encore l’auteur. Ainsi est-il permis de dire que dans l’amour que nous avons les uns pour les autres, quelque chose de l’invisible se manifeste. C’est le cœur de la vie du croyant.

Ce sur quoi et Paul et l’auteur de la lettre de Jean se fondaient pour dire un amour qui fait voir Dieu était l’existence entière de Jésus, sa vie, ses gestes, sa conviction profonde que Dieu était avec lui, avec nous jusque dans la mort. Son existence est la révélation d’une possibilité d’aimer dont on ne connaît pas les limites.

Mais il faut le reconnaître, nous, chrétiens, n’avons pas le monopole de l’amour. James Woody, pasteur à Paris, que j’ai lu en préparant cette réflexion écrit ceci : l’amour est « une expérience que peut vivre tout homme, toute femme, qu’il soit ou non un habitué de l’Église, qu’il soit ou non familier des textes bibliques, qu’il soit ou non connaisseur des principes théologiques. Cet amour-là révélé par Jésus est une expérience profondément religieuse, mais elle n’est pas l’exclusivité des croyants patentés. »

On peut trouver des échos dans la vie d’hommes et de femmes de cette « expérience profondément religieuse ». Je nomme encore une fois Etty Hillesum, cette jeune femme juive hollandaise qui avait choisi d’aller dans un camp de concentration pour apporter son secours à tous les déportés qui s’y trouvaient. Elle écrivait même dans une prière qu’elle y était pour « aider Dieu ». Elle n’était pas une « croyante patentée », et pourtant elle témoignait d’un amour manifestant l’invisible.

Et que pouvons-nous dire de « cet amour-là » dont parle Woody ? Nous savons bien que le mot « amour » recouvre dans toutes les langues diverses réalités dont la plus connue est l’amour chanté par Piaf, Brel et compagnie. Certains la nomme amour naturel ou encore préférentiel. Dans ma vie, j’ai aimé Éliane, la préférant à toute autre femme. C’est vrai aussi de toutes les relations affectives profondes qui peuvent unir des personnes peu importe leur orientation sexuelle. Amour préférentiel qui ne veut pas dire rejet des autres. Mais c’est un amour électif, ne parle-t-on pas de « l’élu de mon cœur » ?

Mais « cet amour-là » révélé par Jésus à travers toute sa vie a un caractère spécifique qui justement se veut non-préférentiel, qui ne suit pas les inclinations du cœur, de l’affectivité. Woody le dit même religieux, pour signifier qu’il est d’un autre ordre. Pour prendre un mot relativement nouveau, cet amour vise l’inclusivité. Et on peut relire la vie de Jésus à la lumière de ce mot. Ai-je besoin de faire la liste de tous les exclus de sa société vers lesquels il est allé ? Pensons à tous ces malades, ces lépreux dont il prenait soin, cet aveugle au bord de la route qu’il invitait à la suivre, à ces prostituées ou à ces publicains enrôlés dans sa troupe, à ceux qu’on tenait pour posséder d’un esprit mauvais. Je m’arrête, la liste est trop longue.

Je sais bien que la théologie de la libération, élaborée en Amérique latine, parle d’un choix préférentiel de Dieu pour les pauvres. Mais c’est dire autrement le refus de tous les systèmes d’exclusion régissant nos sociétés et reléguant dans les marges des hommes, des femmes, des peuples tout entiers, le refus qui doit être la boussole orientant nos paroles et nos gestes si nous voulons qu’ils soient en accord avec le désir de Dieu pour ce monde. La boussole guidant nos indignations et nos solidarités. En jouant sur les mots, je dirais que nous sommes appelés à pratiquer un amour non-préférentiel pour tous ceux et celles qui sont écartés des préférences de la société de son temps. De nos jours, Facebook, Youtube ou autres médias sociaux nous invitent à exprimer nos préférences à l’aide d’un simple clic sur « j’aime » ou « je n’aime pas ». L’Évangile invite au contraire à la résistance à une telle facilité.

 

Il y a en effet un amour révélé par l’Évangile qui peut habiter tout être humain. Un amour, pour le dire avec les mots de Paul qui « ne cherche pas son propre intérêt, qui ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal;  qui ne se réjouit pas de l’injustice, mais se réjouit avec la vérité ». Et d’un tel amour nous sommes capables, malgré nos limites, lorsque nous mettons nos pas dans ceux de Jésus. Et ainsi, il nous est donné de manifester l’invisible, de manifester quelque chose d’un Dieu qui est amour, un Dieu qui ne peut être qu’amour.

 

Voir ici autre texte : "Actualisation de 1 Corinthiens 13" par le pasteur David Fines.


"Nous avons vu le Seigneur" : prédication de Robert Jacques

Lecture de l’évangile de Jean (20,19-31)

 

        Alors que, par crainte des autorités juives, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous. » Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. Alors, à nouveau, Jésus leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »

        Cependant Thomas, l’un des Douze, celui qu’on appelle Didyme, n’était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur répondit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n’enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n’enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas ! » 

        Or huit jours plus tard, les disciples étaient à nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vint, toutes portes verrouillées, il se tint au milieu d’eux et leur dit : « La paix soit avec vous. » 

        Ensuite il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et enfonce-la dans mon côté, cesse d’être incrédule et deviens un homme de foi. » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu. » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. »

        Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre.  Ceux-ci l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom.

 

 Prédication

Les titres donnés aux différents passages dans les traductions bibliques risquent de nous conduire sur des pistes hasardeuses. En particulier, dans les récits où le Ressuscité se tient au milieu des siens comme nous venons de le lire. Très souvent, ces passages s’intitulent : les apparitions de Jésus. Et il est fort possible alors que viennent à notre mémoire ces peintures et ces images où on voit un Jésus entouré d’une lumière éblouissante, plus ou moins suspendu dans les airs devant des témoins bouche bée. Mais une lecture à peine attentive des textes évangéliques nous apprend rapidement que les termes employés sont beaucoup plus sobres : on parle simplement d’un Jésus qui « se tient au milieu d’eux », qui « se manifeste aux disciples », qu’il se montre, qu’il « se fait voir » parmi eux. Comme s’il était toujours là au milieu d’eux et que pendant un bref moment, ils le reconnaissent à leurs côtés. Et dès lors, ils peuvent dire : Nous avons vu le Seigneur ! 

 

C’est ce qu’affirment les disciples à Thomas. Déjà, Marie de Magdala leur avait annoncé au matin de Pâques les mêmes mots : J’ai vu le Seigneur ! Elle l’avait, selon le texte de l’évangile, reconnu lorsque Jésus qu’elle prenait pour le jardiner l’appela par son nom. Elle était en larmes. Et le Ressuscité l’interroge sur sa peine, mais surtout il la nomme. Elle découvre alors qu’elle n’est pas à jamais perdue, elle n’est pas qu’une endeuillée. Le simple appel de son nom la relève et dans cet appel à se tenir debout malgré les larmes, elle voit un passage du Seigneur dans sa vie.

 

Le même soir, les disciples verrouillés par leur peur, mais aussi par leur lâcheté, par leur culpabilité – n’avaient-ils pas abandonné leur maître alors qu’on le conduisait à la mort ? – ils découvrent en méditant sur les blessures, la souffrance et la mise à mort de Jésus que celui-ci est désormais et pour toujours au milieu d’eux. Il les relève eux aussi. Dans la paix qu’ils perçoivent, ils voient à leur tour un passage du Seigneur. Dans le souffle nouveau qui vient alors habiter leur existence, ils se savent désormais capables de briser la logique de « l’œil pour œil, dent pour dent » et surtout se savent aptes dorénavant à pardonner, à relever celles et ceux verrouillés dans la culpabilité.

 

Ils ne peuvent garder pour eux une telle expérience et ils la disent à Thomas avec les mêmes mots de Marie de Magdala : Nous avons vu le Seigneur ! Mais Thomas est aussi enfermé, cadenassé dans la méfiance. Après la perte de Jésus en qui il avait mis sa confiance pendant quelques années sur les routes de Palestine, il est en quelque sorte blessé, empêché de donner foi à la parole de Marie de Magdala et à celle des disciples. Il oppose au Nous avons vu le Seigneur de ses compagnons une fin de non-recevoir à moins que lui il aussi voit. Mais que demande-t-il à voir ?

 

La réponse est étonnante : il veut voir la marque des clous dans les mains, la blessure au côté de Jésus. Oui, étonnante, étrange demande : voir les blessures de celui derrière lequel il avait marché. Il ne demande pas à voir des prodiges, des gestes miraculeux; il veut voir les traces d’une vie donnée. Peut-être a-t-il en mémoire cette parole de Jésus : Il n’est d’amour plus grand que celui-ci : quitter sa vie pour ceux qu’on aime. Et Thomas découvre à son tour que malgré sa méfiance il n’est pas rejeté et qu’il est même accueilli dans cette méfiance. Saisissant que la vie donnée sur la croix ne pouvait être perdue, il peut affirmer que le crucifié est son Seigneur et son Dieu. Car c’est cela qu’il est demandé de croire avant tout : une vie donnée n’est jamais perdue.

 

Que s’est-il passé dans l’obscurité du tombeau ? Nous ne le saurons jamais. Ceci ne veut pas dire qu’il ne s’est rien passé au matin de Pâques – mais il est risqué de se laisser obnubiler par le mystère, de le peindre à grands coups de couleurs éclatantes; et il est surtout risqué de perdre de vue que le don de soi est aussi un grand mystère. Il est peut-être même plus difficile d’y croire qu’à la Résurrection des morts.

 

Dans son évangile écrit plus tardivement, Jean ne parle pas de miracle ou de prodige, mais de signes offerts pour voir plus loin, pour voir au-delà de l’immédiateté des gestes accomplis. Que ce soit Cana, la multiplication des pains ou la guérison d’un aveugle-né, toutes ces actions invitent à un autre regard, le regard de la foi. Et Jean dira même que la croix est la glorification de Jésus, l’abaissement extrême qu’il subit est déjà sa gloire. Quel paradoxe ! Le don de sa vie jusqu’à l’humiliation est le signe d’une vie que la mort ne peut garder.

 

C’est la foi qui nous est demandée. C’est l’expérience à laquelle nous sommes appelés : voir en toute vie donnée un passage de Dieu au milieu de nous. Car nous sommes aussi nommés dans ce texte de Jean. Nous sommes ses destinataires qu’il interpelle dans la finale de son texte : « Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre.  Ceux-ci l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom. »

Nous avons vu le Seigneur !, telle devrait être notre parole, nous qui venons à la suite de Marie de Magdala et des disciples animés d’un souffle nouveau. Mais je sais que beaucoup autour de nous ne partagent pas notre foi. La question de la résurrection est pour plusieurs un obstacle sur le chemin de la confiance au Dieu de Jésus. Déjà, Paul avait à Athènes été ridiculisé par ses auditeurs lorsqu’il avait évoqué la résurrection; ils lui avaient tourné le dos en lui disant : « Nous t’écouterons parler de ce sujet une autre fois. »

 

Oui, nous sommes ces « bienheureux » selon les mots de Jésus à Thomas. Ceux et celles qui croient sans avoir vu. Ou plutôt celles et ceux qui au-delà de l’immédiat voient des passages de Dieu au milieu des humains. Il ne nous est pas demandé une foi aveugle, mais la confiance que Dieu se tient toujours au milieu des siens, parce que de sa présence nous avons des signes.

 

La foi est un regard nouveau. On peut comprendre ainsi le don de l’Esprit aux disciples : ne plus voir l’autre enfermé dans sa culpabilité, mais le voir capable d’une vie nouvelle.

 

Nous avons vu le Seigneur !, telle est notre parole lorsque nous racontons des gestes qui relèvent les humains blessés de la vie. Ces gestes sont parfois les nôtres, ils sont aussi accomplis par des proches et des lointains. Ceux-ci peuvent être des anonymes ou des gens connus à travers les média.

 

Au cours des dernières semaines, des hommes et des femmes ont fait les manchettes. Et en préparant cette méditation, ils me sont « apparus » comme autant de signes de vie donnée. J’en nomme quelques-uns.

 

Il y a eu ce gendarme français Arnaud Beltrame assassiné : il avait pris la place d’une femme otage d’un terroriste. On dit qu’il était croyant. Mais est-ce au nom de sa foi qu’il a agi ainsi ? On ne le saura jamais. Mais il est pour moi, il est pour nous un signe de vie donnée.

 

Il y a eu aussi les larmes et le long silence d’Emma Gonzalez debout devant des centaines de milliers de personnes à Washington protestant contre les tueries dans les écoles américaines. Cette Emma se tenant debout avec ses larmes invitaient toutes les personnes présentes et nous aussi à nous tenir debout devant les folies meurtrières.

 

Il y a eu aussi la visite au Pakistan de la jeune Malala, elle-même victime de la violence et donnant sa vie désormais pour que l’éducation soit pour toutes et tous peu importe leur foi.

 

Il y a eu cette semaine la commémoration de la mort de Martin Luther King. On sait que sa foi animait son existence. Sa vie fut prise parce qu’il s’était engagé à relever, à remettre debout ses frères et sœurs noirs et remettre aussi debout toute une société bâtie sur la ségrégation. Ceux et celles que je viens de nommer font ou ont fait les manchettes. Mais il y a aussi tous les anonymes qui, souvent chaque jour, relèvent ou maintiennent debout ceux et celles qui tomberaient sinon dans le néant.

 

 

J’ai des amis qui remuent terre et ciel bien souvent pour que leur fils autiste ait sa place dans la société. Il y a cet homme aussi qui chaque jour ou presque se tient auprès de sa conjointe souffrant d’Alzheimer, ranimant par ses gestes, par ses mots la vie en en elle. Oui, il y a bien des signes que Jésus opère au milieu de nous souvent à l’insu de ceux et celles qui les accomplissent. Mais ce sont des signes qui nous donnent de dire : Nous avons vu le Seigneur !


L’Express/L’Impartial – L’invité « Pâques sera trop chou »

Texte paru dans un journal de Neuchâtel et proposé par Robert Jacques

Ce titre, vous l’aurez reconnu, c’est le slogan publicitaire choisi par une grande chaîne d’alimentation de notre pays pour le temps de Pâques. En le lisant partout, sur les affiches, sur les sacs, sur les dépliants, etc., le théologien que je suis a été de plus en plus interpellé. Certes, on s’adresse aux enfants, on les invite à venir chercher leur « lapinou », en dix variantes ! Et pour les obtenir, il faut collectionner des timbres, et pour avoir ces timbres, il faut que les parents achètent. La fête de Pâques, donc, comme une bonne occasion de consommer ! Chaque temps de fête connaît sa commercialisation, plus ou moins efficace.

 

D’ailleurs, à l’intérieur du dépliant où l’on colle les timbres, on voit une jeune vendeuse avec les bras pleins d’objets à acheter et la phrase « Nous réalisons nous-mêmes ce qui nous tient à cœur ». Acheter, acheter, pour réaliser ce qui nous tient à cœur…

 

Pour cette commercialisation, on a évidemment choisi de jouer sur le folklore habituel de Pâques, qui remplit aussi les rayons des magasins durant ces semaines : les lapins et les œufs. Dans un premier temps, j’ai tenté de contenir ma réaction de théologien : je me suis dit que cela faisait partie du jeu depuis bien des décennies. Mais ce slogan « Pâques sera trop chou » m’est resté à l’esprit : et si c’était tout ce qui resterait un jour de Pâques, des lapinous trop chous ?

 

Je me suis souvenu d’un entretien que j’avais eu il y a quelque temps avec un jeune homme qui me demandait : « En somme, c’est quoi exactement qu’on fête à Pâques, dans la tradition chrétienne ? » Et il n’en avait vraiment pas la moindre idée. Et j’avais alors tenté de lui expliquer : que les évangiles racontent que Jésus est monté à Jérusalem à l’occasion de la Pâque juive et que ces journées à Jérusalem furent ses dernières, qu’il y fut jugé et condamné à mourir sur la croix, mais que la foi chrétienne voyait dans cette mort une victoire sur la mort, qui fait qu’elle appelle Jésus-Christ le crucifié ressuscité, proclamant que la vie est plus forte que la mort. Cette première explication en amena d’autres : que le mot même de Pâques vient d’un terme hébreu qui veut dire « passage, et que donc la fête chrétienne de Pâques fait référence à la fête juive de la Pâque, qui célèbre la sortie d’Égypte du peuple d’Israël. Une fête du passage de l’esclavage à la liberté, à laquelle la fête chrétienne fait écho en annonçant la libération à l’égard du règne de la mort. Et les lapins et les œufs, alors ? J’avais répondu que c’était probablement en lien avec un vieux culte européen de la fertilité, célébrant la renaissance de la vie au printemps, après un long hiver de la mort… Ce fut un bel entretien, plein de découvertes et d’étonnements.

 

Du coup je me dis : qui sera là pour donner les explications nécessaires quand les enfants demanderont : « Dis, papa, pourquoi Pâques, c’est trop chou ? » Espérons qu’il y aura encore assez de mémoire chez quelques-uns pour rappeler qu’au-delà des lapinous, dans la fête de Pâques, il en va fondamentalement d’esclavage et de liberté, de vie et de mort, et que ce n’est pas une affaire de timbres et d’achats.

 

Alors collectionnons gaiement des lapinous ! Mais souvenons-nous aussi que ce qui pourrait faire la véritable joie de Pâques, c’est de vivre la libération d’un esclavage, de découvrir cette vie plus forte que tous les désespoirs de mort qui trop souvent nous hantent.

 

Joyeuses Pâques, bon passage !

 

Pierre Bühler, théologien suisse


Exécutif du Conseil général 2-3 mars 2018  Quelques points à retenir

Restructuration :

-Le renvoi 6 a été battu tant par les paroisses que les consistoires

-Il y aura 6 secrétaire-exécutives, chacun/e travaillant avec 2 ou 3 régions

-Conversations de la secrétaire-exécutive Nora avec les consistoires et les synodes pour des nominations temporaires

-Ces 6 personnes nommées décideront avec les leaders de régions des besoins de personnel qui peuvent être différent pour chaque région (priorité au personnel actuel)

-Chaque région peut créer son propre modèle de gouvernance

-Une commission par région pour élire et nommer les « gouvernants » et responsables

-Leur tâche sera de voir à ce que soit terminé le travail inachevé des consistoires

 

Finances :

-« Gérer nos ressources pour laisser de la place au renouveau et au futur. »

-Revenus pour 2018 de $ 40 millions (dont 23 du M & S) mais diminution continuelle; donc diminution continue des dépenses

-Changer des synodes/consistoires aux régions fait économiser entre 3 et 5 millions/année

-3 millions sera accordé (en plus des revenus locaux) pour la transition

-Toute la démarche de réconciliation avec les Premières Nations dépendra de l’apport financier des paroisses

-Les budget 2019 et 2020 des régions est assuré, mais après ?

-Il devra y avoir plusieurs services partagés ou centralisés (archives, mission…)

-Il existe un (très) grande différence de revenus entre les régions (par ex. la région 10 a des revenus dix fois supérieurs à la région)

4,5 des revenus !

 

Autres points :

-Reconnaissance des ministères avec les Églises presbytérienne et anglicane (en cours)

-Une délégation de l’EU en avril à Washington pour les célébrations du 50e anniversaire de l’assassinat de Martin Luther King

-Le Projet Irisation (Excuses officielles du Conseil ecclésial en 2021 et expressions artistiques des minorités sexuelles) a été accepté

-De nouvelles politiques d’admission (de pasteur-es de l’extérieur)

-Nouvelles politiques sur les conflits d’intérêt

-Proposition pour des bâtiments écoénergétiques

- Proposition sur le chauffage des presbytères

-Nouveau programme d’éducations religieuse Spirit Awakening; le verrons-nous en français ?

-Élaboration d’une théologie de l’adoption (en regard avec les enfants Autochtones adoptés par des familles blanches)

-Proposition d’un dimanche pour les minorités sexuelles durant le mois de la Fierté gaie

-Réaffirmation de l’Église unie comme Église qui accueille les migrant-es, et comme Église solidaire du peuple palestinien.

 

Ministères en français :

-Vote positif sur le fait que les entrevues des personnes qui demandent une admission (de l’extérieur) puissent se faire en anglais et en français (le débat était sur le fait qu’une des nouvelles exigences voulait que « Tout candidat-e à l’admission puisse parler anglais (…) parce que les entrevues se feront en anglais »).

-La proposition du Consistoire Laurentien d’ajouter 4 sièges réservés aux francophones au Conseil ecclésial a été battue (environ 60% contre-40% pour); celui sur les postes à l’Exécutif n’a pas eu lieu.

 

David Fines


Bilan de la réunion de l’Exécutif du Conseil général (18-19-20 novembre 2017) à Toronto

Ministère en français :

La recommandation de créer une « Table de concertation sur les ministères en français », telle que définie dans la proposition de la secrétaire-générale été adoptée sans opposition.

Le Consistoire Laurentien disparaîtra le 31 décembre 2018.

Présence dérisoire (et de médiocre qualité) dans les cultes.

 

Restructuration :

Ne pas oublier que dans la restructuration est incluse un nouveau modèle de ministères qui regroupe les pasteurs ordonnés et les diacres certifiés basé sur la notion d’alliance; ce sera supervisé par le Bureau des vocations; les salaires seront harmonisés.

Aussi, alliances entre les régions, les pasteurs, le personnel, les communautés et les Autochtones

Discussions sur les « clusters » et les « networks »

Question : va-t-on vers une structure de personnel appuyé par des bénévoles ou une structure de bénévoles appuyés par du personnel ?

Au 1er janvier 2019, il ne restera que 6 secrétaires exécutifs pour 12, 13 ou 15 régions; de même que les pasteurs ministériels.

Une lettre sera envoyée à tous les « Extension Board » pour les inviter à partager leurs fonds.

 

Questions autochtones :

Mise au point des « caretakers » (grands frères, grandes sœurs)

Motion (basée sur une directive de l’ONU) de : Prendre en considération les besoins des peuples autochtones dans toutes les décisions de l’Église unie et de la façon dont ils veulent que ces décisions soient prises. Donc dans la délimitation des régions.

 

Autres points :

Décision de s’impliquer dans la « Décennie des personnes d’ascendance africaine » (2015-2024) décrétée pas l’ONU.

Recommandation d’augmenter les membres de minorités visibles dans les structures

Le régime de retraite se porte bien; discussions sur le désinvestissement des énergies fossiles.

Adoption du document qui définit nos relations avec l’hindouisme.

Aucune mention du 500e anniversaire de la Réformation.

 

Prochains rendez-vous :

La réunion de l’exécutif des 3-4 mars prochain se fera de façon électronique

Le prochain Conseil général aura lieu à Oshawa, en Ontario du 21 au 27 juillet 2018

 

David Fines

 


L'Assemblée générale de la CMER = Jour 9

Quelques dernières discussions sur les dernières propositions qu'il restait à traiter, notamment sur la sexualité humaine et les droits des personnes LGBTQ, avec une certaine forme non pas de confrontation mais d'opposition entre les pays du Nord et ceux du Sud (il faudrait mettre beaucoup de guillemets à cette phrase…). Comme l'a dit un délégué du Mexique : « Global North you dont listen To Global South. » C’est vrai que de nombreuses fois on a pu sentir durant cette Assemblée que les pays occidentaux, je devrais dire certaines délégations, essayaient d'imposer leurs vues sur des questions morales ou de droits de la personne, comme par exemple sur la question de la consécration des femmes. Ça me fait penser que le changement de « sexualité humaine » à « sexualité humaines » n'avait PAS été accepté; la proposition à finalement été retirée.

La pré-assemblée des jeunes avait abouti à des petites propositions, mais même si elles partaient d'une bonne volonté, elles ont toutes deux été cause de houleux débats, la première sur la consécration des femmes qui était trop et qui a finalement du être retirée. Mais il y a même eu un débat sur la procédure parce les durs de durs ne voulaient pas la retirer même contre l'avis des jeunes ! Et l'autre qui demandait qu'un des quatre vice-présidents représente les jeunes (ce qui existe déjà dans les faits) à du être renvoyée au comité de constitution.

La matinée s'est poursuivie avec le rapport financier (ça va mieux, mais il y a encore plusieurs églises membres qui ne paient pas leur dû) et le vote final sur les nominations. On ne vote les membres du comité exécutif un à un, mais toute la liste d'un coup. Il n'y a qu'une représentante du Canada, membre de l'Eglise presbytérienne De même que chaque Église à droit à un certain nombres de délégués selon le nombre de ses membres chaque région à droit à un certain nombre de sièges au comité exécutif selon le nombre total des membres de ses églises. Pour l'Afrique, c'est 5 sièges, la CANAAC Amérique et Caraïbes) 4, de même que pour l’Asie, l'Europe et l'Amérique latine 3 chacune et finalement Pacifique et Moyen-Orient, un chacune. La représentante de cette dernière région était donc madame Nadal Kassab, qui sera la présidente de la CMER durant les sept prochaines années chaudement applaudie quand on l’Afrique présentée. Elle fera la prédication lors du culte de clôture.

Après ces nominations, nous avons eu la lecture du message final qui se rythmait en quatre temps : nous nous réjouissons, nous nous lamentons, nous témoignons et nous rêvons. Il est peut-être déjà sur le site de la CMER.

 

Ensuite ce sera les remerciements, et le président a veillé à n'oublier personne, ni les stewards ni l'équipe de traduction. Enfin, vient la célébration finalement avec communion, qui commence avec une prière en français !, comme quoi il ne faut jamais désespérer, remplie, il faut bien le dire d'une certaine émotion.   


L’Assemblée générale de la CMER - Jour 8

L’Assemblée générale de la CMER - Jour 8

Aujourd'hui le 6 juillet, la journée à été dédiée à la mémoire de Jean Hus; c'est effet le 6 juillet 1415 qu'est mort cet important réformateur né en Bohème. Prêtre et professeur à l’université, et théologien, il propose, au début du 15e siècle une définition originale de l'Eglise comme étant la communauté mystique de tous les croyants (vs une hiérarchie bien définie) et commence aussi à distribuer la communion sous les deux espèces. Plusieurs de ses collègues et de ses ouailles le suivent dans cette voie. Convoqué au Concile de Constance, il est, malgré un sauf-conduit, arrêté. Il passera 73 jours en prison. Il est sommé trois fois de se rétracter, mais il ne peut le faire. Il est condamné à mort pour hérésie et envoyé au bûcher.

Mais le hussisme ne se terminera pas avec la mort de Jean Bus; au contraire, sa mort l’élève au rang de martyre et ses disciples se multiplient. L'un de ses admirateurs sera Martin Luther qui s’inspirera considérablement de ses idées. Il dira : « Nous sommes tous hussites ! » Hus est un héros national en République tchèque.

Puisque je parle de Luther, je dois revenir à cette visite à Wittenberg. Beaucoup parmi nous voulions voir LA fameuse porte de la chapelle du château sur laquelle Luther à, selon la légende, cloué ses 95 thèses. Au lieu de nous y conduire l'équipe d'organisation a préféré, tout comme Berlin, nous inviter à une grande exposition extérieure sur la Réforme dans le monde. Mais je l'ai trouvée quand même.

L'orateur de la journée, pour l'étude biblique quotidienne, a été Mitri Raheb, théologien de Bethléem, nous l'avions déjà entendu plus tôt cette semaine. Cette fois, il utilise le texte de la Pentecôte en Actes 2. Il souligne que ce texte est la contre-histoire de celle de l’empire. « Derrière une seule langue est la recherche impériale qui mène au totalitarisme. » Et il parlera d'Alexandre, des Romains, de Byzance, et même des conquêtes arabes. Mais pourquoi s'est-il arrêté en si bon chemin en omettant de parler de l'impérialisme de l'anglais ?

 

En après-midi il y a eu une bonne séance de travail avec le vote des propositions du Comité du témoignage publique. Je ne peux toutes les énumérer, il y en a trop. Disons qu'elles touchaient des domaines aussi variés que Migration et traite humaine, les personnes déplacées en ile Maurice, la situation en Corée, la question de la Palestine, la violence et la sexualité, les peuples autochtones, la sécheresse et la famine dans la corne de l'Afrique, Cuba et Venezuela, la paix en Colombie, les minorités religieuses en Roumanie, les droits humains à Taïwan, la violence raciale aux États-Unis, l'accompagnement des Églises africaines, les élections au Kenya, la Création et l'unité, les relations interreligieuses… J’étais juste déçu de si peu de place fait à l'environnement.


Assemblée générale   de la CMER –Jour 7

 

Avons-nous vécu un aujourd’hui moment historique, du moins pour le mouvement œcuménique ? Il semblerait bien que oui, comme on l’a répété plusieurs fois au cours d’une grande célébration qui a eu lieu à Wittenberg dans l’église même de Martin Luther.

 

                Après deux jours d’intense travail de discussions et de prises de décision, les participants à l’Assemblée générale de la CMER nous avions bien droit à une journée de repos et de réjouissance ; ainsi délégués, experts, invités de marque, membres du personnel, bénévoles… tout le monde sauf les stewards bien sur qui sont toujours en devoir, premiers levés, derniers couchés ! Ce sont qui nous guideront dans la ville de Wittenberg, puis pour le retour vers les autobus. Ceux-ci nous attendaient au Messe pour un départ vers Wittenberg à une soixantaine de kilomètres de Leipzig.

 

                Wittenberg, point de départ de la Réformation, la flamme qui a embrasé toute l’Europe, la ville mythique de tout le monde protestant ! Nous n’y sommes pas seulement allés pour y visiter les lieux, ce qui aurait déjà été magnifique, mais pour célébrer la signature de documents ; la « Déclaration de Wittenberg » par laquelle la Communion mondiale des Eglises réformées et la Fédération luthérienne mondiale s’engagent à se rapprocher et a renforcir leur action commune et la Déclaration commune sur la doctrine de la justification (la DCDJ).

 

                Remontons un peu en arrière. Après presque dis ans de négociations entre théologiens, historiens et experts en ecclésiologie, les représentants de la Fédération luthérienne mondiale et ceux de l’Eglise catholique-romaine (le Vatican, quoi) ont signé en 1999, le 31 octobre 1999 très exactement (date symbolique entre toutes, celle du déclenchement de la Réformation) et à Wittenberg même, la DCDJ. Cette déclaration commune mettait fin à cinq siècles de conflits et d’animosité mutuelle en proposant, noir sur blanc, une définition de la justification par la foi seule sur laquelle les catholiques et les luthériens se sont entendus. Nous savons que c’est ce point précis qui a provoqué tant de remous et de controverses entre l’Eglise catholique et les nouvelles Eglises protestantes. Prétendre que le salut nous était offert par la seule grâce de Dieu, et reçu dans la foi, sans que nos actions n’y jouent quoi que ce soit, était tout simplement une révolution théologique. L’Eglise perdait tout contrôle sur le pardon de fautes et sur l’attribution de l’absolution. Cela taillait en pièces, le (lucratif) système des indulgences.

 

                La DCDJ a établi un terrain d’entente sur ce point de foi sur lequel il sera impossible de revenir. Et en 2006, la Communion mondiale méthodiste a à son tour signé la DCDJ, se disant en plein accord avec sa définition de la justification. Puis est venu le tour des réformés.

 

                Après avoir sérieusement étudié la DCDJ, les experts réformés mandatés par la CMER ont proposé quelques précisions sur quelques points notamment dans les liens entre justification et justice. Tant les luthériens, les catholiques et les méthodistes ont positivement reçu ces précisions, même avec reconnaissance.

 

                Le lieu et le moment de la signature de la DCDJ ont été parfaitement choisis. Nous avons eu droit à une grandiose cérémonie dans l’église luthérienne de Wittenberg, l’église même de Luther, au cours de laquelle le secrétaire général de la CMER, Chris Ferguson a signé la DCDJ, en même temps que des représentants du Vatican et des Eglises luthérienne et méthodiste. Nous avons eu droit aussi au remerciements d’usage de plusieurs délégations laïques et religieuses, la plus touchante étant probablement celle du représentant mennoniste qui a exprimé au nom des siens le vif désir d’entreprendre le plus tôt possible des discussions avec la CMER pour que son dénomination puisse également adhérer à la DCDJ. Oui, un grand moment dans l’histoire du mouvement œcuménique et dans celle du rapprochement entre les Eglises.

 

                L’autre moment-clé de la célébration aura été la prédication de la pasteure Najla Kassab du Synode évangélique national de Syrie et du Liban (à noter que le terme « évangélique » est simplement un synonyme de « protestant ») dont j’ai déjà parlé. Elle a commencé son message ainsi : « Me voici, moi une fille du Moyen-Orient, à la propre chaire de Martin Luther ! Je suis sûre que s’il me voyait il poserait une 96e question à l’Eglise, et cette thèse ne serait pas : « Pourquoi une femme se trouve-t-elle à cet endroit ? », mais plutôt : « Pourquoi cela n’a-t-il pas eu lieu avant ? » (Et entre nous, je sais qu’elle sera présentée comme candidate au poste de prochaine présidente de la CMER.)

 

                Bien sûr, le français était à nouveau totalement absent de la cérémonie. Il y a des choses qui sont plus difficiles à changer que d’autres, faut croire.

 

 

Avons-nous vécu un aujourd’hui moment historique, du moins pour le mouvement œcuménique ? Il semblerait bien que oui, comme on l’a répété plusieurs fois au cours d’une grande célébration qui a eu lieu à Wittenberg dans l’église même de Martin Luther.

 

                Après deux jours d’intense travail de discussions et de prises de décision, les participants à l’Assemblée générale de la CMER nous avions bien droit à une journée de repos et de réjouissance ; ainsi délégués, experts, invités de marque, membres du personnel, bénévoles… tout le monde sauf les stewards bien sur qui sont toujours en devoir, premiers levés, derniers couchés ! Ce sont qui nous guideront dans la ville de Wittenberg, puis pour le retour vers les autobus. Ceux-ci nous attendaient au Messe pour un départ vers Wittenberg à une soixantaine de kilomètres de Leipzig.

 

                Wittenberg, point de départ de la Réformation, la flamme qui a embrasé toute l’Europe, la ville mythique de tout le monde protestant ! Nous n’y sommes pas seulement allés pour y visiter les lieux, ce qui aurait déjà été magnifique, mais pour célébrer la signature de documents ; la « Déclaration de Wittenberg » par laquelle la Communion mondiale des Eglises réformées et la Fédération luthérienne mondiale s’engagent à se rapprocher et a renforcir leur action commune et la Déclaration commune sur la doctrine de la justification (la DCDJ).

 

                Remontons un peu en arrière. Après presque dis ans de négociations entre théologiens, historiens et experts en ecclésiologie, les représentants de la Fédération luthérienne mondiale et ceux de l’Eglise catholique-romaine (le Vatican, quoi) ont signé en 1999, le 31 octobre 1999 très exactement (date symbolique entre toutes, celle du déclenchement de la Réformation) et à Wittenberg même, la DCDJ. Cette déclaration commune mettait fin à cinq siècles de conflits et d’animosité mutuelle en proposant, noir sur blanc, une définition de la justification par la foi seule sur laquelle les catholiques et les luthériens se sont entendus. Nous savons que c’est ce point précis qui a provoqué tant de remous et de controverses entre l’Eglise catholique et les nouvelles Eglises protestantes. Prétendre que le salut nous était offert par la seule grâce de Dieu, et reçu dans la foi, sans que nos actions n’y jouent quoi que ce soit, était tout simplement une révolution théologique. L’Eglise perdait tout contrôle sur le pardon de fautes et sur l’attribution de l’absolution. Cela taillait en pièces, le (lucratif) système des indulgences.

 

                La DCDJ a établi un terrain d’entente sur ce point de foi sur lequel il sera impossible de revenir. Et en 2006, la Communion mondiale méthodiste a à son tour signé la DCDJ, se disant en plein accord avec sa définition de la justification. Puis est venu le tour des réformés.

 

                Après avoir sérieusement étudié la DCDJ, les experts réformés mandatés par la CMER ont proposé quelques précisions sur quelques points notamment dans les liens entre justification et justice. Tant les luthériens, les catholiques et les méthodistes ont positivement reçu ces précisions, même avec reconnaissance.

 

                Le lieu et le moment de la signature de la DCDJ ont été parfaitement choisis. Nous avons eu droit à une grandiose cérémonie dans l’église luthérienne de Wittenberg, l’église même de Luther, au cours de laquelle le secrétaire général de la CMER, Chris Ferguson a signé la DCDJ, en même temps que des représentants du Vatican et des Eglises luthérienne et méthodiste. Nous avons eu droit aussi au remerciements d’usage de plusieurs délégations laïques et religieuses, la plus touchante étant probablement celle du représentant mennoniste qui a exprimé au nom des siens le vif désir d’entreprendre le plus tôt possible des discussions avec la CMER pour que son dénomination puisse également adhérer à la DCDJ. Oui, un grand moment dans l’histoire du mouvement œcuménique et dans celle du rapprochement entre les Eglises.

 

                L’autre moment-clé de la célébration aura été la prédication de la pasteure Najla Kassab du Synode évangélique national de Syrie et du Liban (à noter que le terme « évangélique » est simplement un synonyme de « protestant ») dont j’ai déjà parlé. Elle a commencé son message ainsi : « Me voici, moi une fille du Moyen-Orient, à la propre chaire de Martin Luther ! Je suis sûre que s’il me voyait il poserait une 96e question à l’Eglise, et cette thèse ne serait pas : « Pourquoi une femme se trouve-t-elle à cet endroit ? », mais plutôt : « Pourquoi cela n’a-t-il pas eu lieu avant ? » (Et entre nous, je sais qu’elle sera présentée comme candidate au poste de prochaine présidente de la CMER.)

 

                Bien sûr, le français était à nouveau totalement absent de la cérémonie. Il y a des choses qui sont plus difficiles à changer que d’autres, faut croire.

 


Assemblée générale de la CMER–Jour 6

 

On sait à peu près comment commence chaque journée, à l’Assemblée générale de la CMER… sans savoir trop comment elle va se terminer. Chaque journée commence par un culte qui a lieu à 8h le matin, dans la grande salle des plénières du Messe. Dans le matériel distribué à chaque participant, il y avait un livre de liturgie qui propose des prières quotidiennes et de chants de plusieurs parties du monde. L’équipe de liturgie sait bien jouer avec les styles de célébrations : rythmé, méditatif, chants variés… Ce sont de bons musiciens, il faut l’admettre, mais je n’ajouterai rien sur l’outrageante omniprésence de l’anglais… Pourquoi avoir demander de faire la traduction des chants si c’était pour dédaigneusement laisser les paroles en français de côté ?

 

Hier, j’ai parlé un peu vite du programme de la journée ; il est vrai que l’essentiel des discussions de l’après-midi portaient sur la « justice de genre », mais en matinée, nous avions eu droit à la présentation des jeunes. Comme je l’ai déjà mentionné, il y a eu deux pré-assemblée, l’une pour les femmes et l’autre pour les jeunes, et hier ces derniers sont venus présentés le résultat de leurs discussions. Quatre jeunes sont venues tour à tour apporté leur témoignage : du Japon, des Etats-Unis, du Brésil, et de la Colombie. Deux d’entre eux ont parlé en espagnol. Puis deux autres, dans une présentation à deux voix, ont lu le « Message de la préassemblée des jeunes », basé sur un avertissement du prophète Amos : « Mais que le droit coule comme de l’eau, et la justice comme un torrent intarissable. » (5,24)

 

Ils y dénonçaient la corruption, les inégalités entre les genres, la surexploitation des ressources, l’égoïsme ambiant et prédominant, le paternalisme et la colonisation. « La Bible nous dit que si une partie du corps souffrir, tout le corps souffre. Si l’injustice frappe une des parties de notre communion, nous souffrirons tous. » Suivent ensuite deux propositions qui peuvent sembler un peu détachées du contenu du rapport la nomination d’un jeune délégué à l’une des quatre vice-présidences, et la réaffirmation de l’Assemblée à la consécration de tous les membres de l’Eglise.

 

Je suis passé un peu vite aussi, hier, sur les discussions sur ce qui s’appelle « la justice de genre ». Les discussions incluaient aussi tout l’aspect de la traite humaine et de l’exploitation sexuelle. Nous avons eu droit notamment à une prégnante présentation d’un pasteur de l’Eglise unie du Nord de l’Inde, dalit de son état, venu témoigner des actions communes des églises dans sa région.

 

Pour ce qui est de la journée 6 toute la matinée à la Corée. En septembre dernier, une délégation de la CMER, menée par le secrétaire général Chris Ferguson, à l’invitation de Forum chrétien de la Corée, est allée en Corée du Sud et du Nord, pour accompagner les églises des deux pays dans leurs efforts de paix et de rapprochement. Dans le panel il y avait un représentant des Eglises de la Corée de nord deux pasteurs de la Corée du Sud et un théologien allemand qui avait vécu la séparation et la réunification de son pays. Le représentant de la RDPC (République démocratique polaire de Corée) a probablement livré un message approuvé par son Gouvernement, cependant l’effort de rapprochement et de pacification de la part de la CMER est très louable. Une série de propositions sur le rapprochement des familles, la dénucléarisation de la péninsule, la réunification des deux pays et des prières pour toutes les Eglises concernées ont été votées sans opposition aucune.

 

La journée s’est terminée un peu plus tôt pour nous permettre d’aller écouter un concert de psaumes, voix et orchestre, comme de Schutz ou Mendelssohn. Mais les compositeurs actuels ne peuvent s’empêcher de nous faire subir le œuvres complexes et hermétiques. Dommage.

 


Conseil général de la CMER – Jour 5

 

                Les commentaires allaient bon train ce matin de la cinquième journée de l’Assemblée générale de la CMER (Communion mondiale des Eglises réformées) après la déconfiture de la veille. Il est vrai que faire voyager environ 1 000 personnes à Berlin n’est pas une sinécure, surtout que la température ne se voulait pas clémente.

 

                D’autant plus qu’à la fin de cette journée mi-figue mi-raisin, les autobus nous ont laissé au Messe (à chaque que je dis ce mot, qui signifie « marché » en allemand, j’ai l’impression de me retrouver dans une église catholique), plutôt qu’à la gare centrale beaucoup plus pratique pour la grande majorité des participants. Il nous a fallu reprendre le tramway pour retourner à nos hôtels avec nos petits sacs à lunch à la main. Quand nous mangeons à l’extérieur on nous fournit de beaux sacs à lunch (en papier)… mais le lunch fait un peu pitié : invariablement, c’est deux sandwiches, une pomme et une bouteille d’eau. Heureusement qu’on peut encore choisir : « carné ou végétarien. Ça me fait penser que les plats végétariens ont vraiment la quotte ici. Dans tous les restaurants, il y a un choix de plusieurs choix sans viande et à la cafétéria il y a toujours un plat végétarien, et ce n’est pas toujours le même.

 

                Entre la célébration à la cathédrale luthérienne de Berlin (le Dom) et les visites ratées de la ville, nous avions eu droit à une visite (ratée) au Ministère des Affaires étrangères de l’Allemagne. Mais franchement… on nous a fait par tous les contrôles de sécurité (vérification des passeports, Rayon X, détecteurs de métal) et pourquoi ? Pour nous faire poireauter près de trois quarts d’heures debout, puis sont venus des discours de circonstances, c’est-à-dire insipides, et finalement pour un repas léger. Heureusement qu’on nous a servi du champagne.

 

                Ceux qui étaient les plus bougons ce matin étaient sans nul doute les « stewards ». Les « stewards » (je ne trouve pas l’équivalent français), ce sont des jeunes, filles et garçons, de tous les pays du monde, qui se sont inscrits comme bénévoles à l’Assemblée générale de la CMER (il y a cinq jeunes de l’Eglise unie et j’en ai rencontrés deux qui ont déjà bien hâte de venir a Rendez-vous 2017 à Montréal). Et on leur fait faire toutes les tâches possibles et imaginables : distribuer les papiers et les propositions, servir à l’accueil, orienter les gens, porter les messages, mettre les annonces sur les panneaux d’affichage, et même l’animation des foules… Et quoi d’autres encore ! Il semble qu’ils n’arrêtent jamais. Il y en a qui ne doivent pas dormir. C’était eux qui devaient servir de guides aux divers groupes dans Berlin. Notre guide était Quentin, un jeune de l’Eglise protestante unie de France, originaire de Toulouse (la ville où est née ma maman). Nous avons bien échangé, mais toutes les récriminations et les frustrations du groupe lui sont retombées dessus. Et ce devait être la même chose pour les autres.

 

                Aujourd’hui on a enclenché le processus des nominations. Un « Comité des désignations » recevra de la part des Eglises toutes les nominations au divers postes à combler. Le Comité exécutif se compose de 22 délégué-es (l’actel représentant de l’Eglise unie est Allan Buchanon de Vancouver) y compris le président et les 4 vice-présidents. L’Assemblée générale élit un trésorier général. Le Comité des désignations verra à ce que le Comité exécutif reflète la diversité de la CMER en matière de géographie, de genre, de dénominations, d’expérience, de répartition en laïcs et pasteurs, et d’âge (deux des membres auront moins de 30 ans, un homme et une femme). Il y aussi toute une série de qualifications et d’exigences attendues des membres du Comité exécutif, disponible sur demande. Le Comité de nomination présentera à la plénière une liste provisoire dans deux jours sur laquelle voteront les délégués.

 

                Le principal sujet de discussion de l’après-midi a été la « justice de genre », c’est-à-dire la protection des personnes de toutes les minorités sexuelles. On a facilement reconnu que malgré plusieurs avancées dans la question des droits de personnes gaies et transgenre, bien du travail restait à faire et bien des souffrances existaient encore. L’homosexualité est encore punissable de mort dans 13 pays. L’Assemblée a même décidé de changer les mots de « sexualité humaine » pour « les sexualités humaines »

 

                Le soir, rendez-vous à l’église Saint-Thomas (oui, celle de Bach) pour un concert d’orgue… Pouiche… je suis sorti après 20 minutes.

 


Conseil général de la CMER – Jour 4

                La quatrième journée de l’Assemblée générale de la CMER (Communion mondiale des Eglises réformées) qui se déroule à Leipzig été réservé à une visite à Berlin. Les deux villes sont séparées d’environ 150 kilomètres. Les participant-es devaient se rendre à divers lieux de rencontres à Leipzig à 5h15 le matin (!), là où les autobus les attendaient.

 

La première activité de la journée était, en ce dimanche matin, une grande célébration diffusée mondialement par la télévision d’Etat, à la cathédrale luthérienne de Berlin, surnommée le Dôme, à cause de son immense coupole haute de 114 mètres (en Allemagne, plusieurs églises sont plus hautes que longues…)  la plus vaste et plus importante église luthérienne de Berlin. Erigée initialement en 1465 comme église paroissiale sur les berges de la Sprè, elle n’a été achevée qu´en 1905 sous le dernier empereur allemand Guillaume II. Cette « ancienne » cathédrale a été construite sous Frédéric le Grand (1740-1786). Crypte de la famille Hohenzollern, plus de quatre-vingt-dix sarcophages et tombeaux y sont exposés, incluant ceux des rois de Prusse, Frédéric Ier et Sophie Charlotte.

 

Lustgarten am Berliner Dom

 

Très endommagée durant la guerre, elle est restée fermée à l’époque de la RDA, elle a été rouverte en 1993 ; les différentes restaurations se sont succédées jusqu’en 2006, permettant la mise à jour de huit mosaïques qui décorent le plafond de la cathédrale. L’orgue de la cathédrale, qui compte plus de 7000 tuyaux, est un chef d’œuvre et l’un des plus grands d’Allemagne. L’intérieur est magnifique, avec un plafond richement ornementé, et sur les quatre piliers principaux, les statues des quatre grands réformateurs : Ulrich Zwingli, Marin Luther, Philip Melancton et jean Calvin.

 

Mais là s’arrêtera la contemplation. Si j’ai écrit que le culte d’ouverture été à l’image de la CMER, « vivant et diversifié », ce culte-ci aussi été à son image, mais comme la face sombre de la CMER, celle de la domination ignominieuse de l’anglais. Quelques mots de bienvenue et une prière en allemand, et tout le reste dans la langue que tout le monde devrait parler et comprendre ; des trois témoignages, un était en indonésien, l’autre en grec et le premier en anglais (!) et rien dans les chants, alors qu’ils étaient tous traduits dans le bulletin. Chanter, un psaume de Goudimel-Bourgeoys uniquement en anglais allemand, il faut le faire exprès.

 

Lorsque je le fais remarquer à l’un des responsables, on me répond que c’est pour satisfaire les exigences de la télévision d’Etat ! Piètre excuse. C’est l’image de la CMER qu’on veut donner au monde ? Mais ceci n’excuse pas le manque quasi-total d’orateurs-trices et théologien-nes invitée-es qui ont tous parler en anglais (sauf Elsa Tamez) quelle que soit leur langue d’origine. Cela n’excuse pas non plus le fait que lors des votes, le président demande le vote avant même que les interprètes de traduire les propositions, ce qui rime les francophones et les autres de leur droit de vote. Cela n’excuse pas que les groupes de discussions se réunissent selon la langue et qu’ils rédigent leurs propositions dans leur langue, et qu’ensuite ces propositions sont envoyées en anglais au comité de coordination, pour une réécriture finale et ensuite celles-ci sont retraduites en français pour les vote. Une double traduction, qui nous impose une façon de concevoir les choses, de formuler les idées d’exprimer nos préoccupations en anglais, la langue dominatrice et prédatrice. Depuis quatre jours, on nous rabâche les oreilles sur la nécessité de combattre la violence sous toutes ses formes (économique, écologique, conjugale, sexuelle, armée…) mais ce qui se passe est en soi une forme de violence, la violence linguistique. Obliger les autres à ne penser Dieu, à exprimer leur théologie ou leur sens de la justice sociale, à proposer des plans d’action qu’en anglais, c’est une forme de violence qu’on nous impose. On nous demande de combattre l’Empire. Voici l’Empire anglo-saxon à l’œuvre dans toute sa toute-puissance et sa souveraine insouciance.

 

Le reste de la journée à Berlin a été assez chaotique. Il est vrai que faire visiter la ville à 1 000 personnes est tout un défi, et il n’a pas été relevé : mauvaise composition de groupes, mauvaises directives aux responsables, circuits d’autobus modifiés sans préavis, aucune visite des lieux historiques. Je me suis retrouvé dans un groupe bilingue espagnol-français. J’y ai rencontré des méthodistes de l’Amérique latine et des luthériens d’Alsace, pour de bonnes conversations.

 

Et le soir, pour me consoler, de retour à Leipzig, je suis parti marcher sur le traces de Luther.

 


Conseil général de la CMER – Jour 3

Enracinée dans la réforme du XVIe siècle et notamment dans la théologie de Jean Calvin, le réformateur de Genève, et de son prédécesseur Ulrich Zwingli, réformateur de Zurich, un « regroupement » des Eglises réformées s’est structuré des 1875.

 

 

« L’Alliance des Églises réformées dans le monde ayant adopté le système presbytérien » a été créée à Londres en 1875 et regroupait alors 21 églises presbytériennes d’Europe et d’Amérique du Nord. Le Conseil congrégationaliste international a également été fondé à Londres, en 1891.

 

 

En 1970, à Nairobi, au Kenya, ces deux organisations ont fusionné pour former l’Alliance réformée mondiale (ARM) avec 114 Églises membres dans 70 pays sur tous les continents.

 

 

Parallèlement, le Conseil œcuménique réformé (sigle anglais : REC) a été créé en 1946. Il regroupait des Églises qui n’avaient aucun autre lien œcuménique au niveau international et qui s’étaient engagées à se soutenir mutuellement dans une unité confessionnelle réformée. Le Conseil œcuménique réformé comptait 41 Églises et 12 millions d’adhérents dans 26 pays, dont la majorité en Afrique et en Asie.

 

 

En 2010, à Grand Rapids, au Michigan (USA), l’Alliance réformée mondiale et le Conseil œcuménique réformé ont fusionné pour former la Communion mondiale d’Églises réformées (CMER). La CMER comprend 80 millions de chrétiens dans des Églises congrégationalistes, presbytériennes, réformées, unies, en voie d’unification et vaudoises. La CMER, qui travaille avec plus de 225 Églises membres, soutient activement la théologie, la justice, l’unité et la mission de l’Eglise dans plus de 100 pays.

 

 

Comme les Assemblées générales de l’ARM avaient lieu tous les sept ans, la CMER a conservé ce rythme de rencontres. L’Assemblée de 2017 comprend environ mille personnes (délégués, membres du personnel, invités et experts) venant d’une centaine de pays ; et il faut ajouter une centaine de jeunes bénévoles des quatre coins de monde qui aident à la logistique. Sur les 225 Eglises membres de la CMER, 126 ont envoyé une délégation en Allemagne. Celle de l’Eglise unie du Canada est composée de six personnes.

 

 

                « L’Assemblée générale est une opportunité pour toutes les Eglises de se rencontrer », avait affirmé Jerry Pillay, président CMER lors de la toute première session plénière à Leipzig. Bien sûr ! et pour débattre aussi : pendant dix jours, ce millier de participants va se pencher sur des sujets importants et pour cette 26e Assemblée qui a pour thème « Dieu vivant, renouvelle et transforme-nous », ils aborderont plus spécifiquement les questions de l’utilisation des idées de la Réforme pour transformer les Eglises ainsi que les liens intrinsèques entre la théologie et la justice, celles de la justice économique, de la protection de l’environnement ou encore de l’égalité entre les femmes et les hommes et de l’ordination des femmes.

 

 

La question de la violence faite aux femmes sous toutes ses formes était le grand sujet des débats de cette troisième journée. On aura entendu plusieurs « histoires d’horreur » et de statistiques décourageantes. Mais je veux retenir surtout le témoignage Najla Abou Sawan Kassab, du Synode National Evangélique de Syrie et du Liban et membre du Conseil exécutif de la CMER, la dernière intervenante de la matinée, qui a raconté son long cheminement vers la consécration (en mars dernier !), une première dans son Eglise du Moyen-Orient ; plusieurs d’entre nous avions les yeux humides.

 

 

L’Assemblée générale de la CMER était précédée de deux pré-Assemblées, l’une pour et par les jeunes et celle des femmes. Les délégués de la plénière ont donc reçu pour en discuter et pour voter, une Déclaration produite par cette pré-Assemblée des femmes.

 

 

Message de la pré-Assemblée des femmes à l’Assemblée du CMER

 

Dieu vivant – dans un monde de violence - Renouvelle et transforme-nous

 

Nous nous sommes rassemblées, femmes des Églises réformées des différentes régions du monde, dans la pré-Assemblée des femmes, préparatoire à l’Assemblée générale, du 26 au 28 juin 2017 à Leipzig en Allemagne. Au thème de l’Assemblée générale « Dieu vivant, renouvelle et transforme-nous », nous avons ajouté « dans un monde de violence ». L’importance de nombreuses injustices (économiques, sociales, écologiques, de genre, etc.) qui sont présentes dans l’Église et dans le monde ont un impact sur la vie des femmes dans chaque contexte.

 

Les histoires que nous avons entendues d’un nombre incalculable de femmes, nos propres histoires, nos chants et nos prières, nos témoignages des expériences d’exclusion et de violence des femmes dans l’Église et dans la société, ont évoqué la souffrance et l’angoisse. Nous rappelons le fléau de la violence qui a des conséquences sur plus de 70% des femmes et des enfants dans le monde (UNODC Rapport sur la traite humaine, 2014). Infanticide, mutilation génitale, mariage des mineures, crimes d’honneur, violence conjugale, traite humaine, exploitation sexuelle, viol, harcèlement sexuel au travail, femmes autochtones disparues et assassinées, violence sexuelle transmettant le SIDA aux femmes et aux fillettes, sont quelques-uns des exemples des trop nombreux types de violence contre les femmes et les enfants.

 

Dans nos discussions, nous nous sommes rappelées ce que les Églises membres de la Communion des Églises réformées ont confessé à Accra en 2004 : « Nous rejetons toute forme d’injustice qui détruise les relations justes sur la base du genre, de la race, de la classe, du handicap ou de la caste. » Pourtant, les histoires et les statistiques que nous avons partagées dans la pré-assemblée continue de faire mention de vies et de relations qui sont détruites par les formes multiples de la violence sur la base du genre. Celles-ci sont souvent accentuées par l’intersection avec la race, la classe, le handicap, l’âge, la caste et l’orientation sexuelle.

 

En ne parvenant pas à reconnaitre cette violence parmi nous, nos Églises pèchent et contribuent à la souffrance des femmes. Au sein de nos structures ecclésiales, nos interprétations bibliques et nos théologies se retrouvent des formes de domination et de soumission qui contribuent à la normalisation de la culture de violence de nos sociétés. Nous sortons de cette pré-assemblée des femmes en proie à un profond sentiment d’urgence. Pour nous, il est clair que les voix de nos sœurs qui meurent chaque jour de l’étouffement de la vie et de sens doivent être entendues.

 

En exposant ainsi l’injustice faite aux femmes et aux filles de la planète nous arrivons face-à-face avec l’injustice au sein de nos propres églises réformées. En 2010, l’Assemblée générale d’unification a accepté de « promouvoir la consécration des femmes et se tendre vers un temps où la consécration des femmes unira la Communion. » Nous célébrons le fait que certaines Eglises ont répondu à cet appel, mais beaucoup reste à faire.

 

C’est un moment kairos. A l’occasion de la commémoration de la Réformation, il est temps d’adopter « Une déclaration de foi sur la consécration des femmes ». Cette déclaration enjoint les Eglises de la CMER à accueillir dans le ministère consacré des femmes qui font l’expérience de l’appel au ministère en tant qu’accomplissement de leurs vœux de baptême. (Cahier de travail, Assemblée générale 2017).

 

Conclusion : Nous les femmes de foi et réformées emplies de l’Esprit nous nous engageons à travailler pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles. Nous exhortons toute le Communion à se joindre à nous dans notre engagement.

 

Nous proposons les recommandations suivantes en appui à ce qui précède :

 

L’attention de la Communion à la justice de genre   

 

·         Que l’Assemblée générale confesse que la violence faite aux femmes sous toutes ses formes est un péché.

 

·         Que le Conseil exécutif de la CMER et que son Secrétaire général établissent une politique de justice de genre qui définisse les questions de violence basée sur le genre dans l’Eglise et la société pour 2019. Ce qui devrait inclure un plan d’action pour la mise en place de la politique et de mesures d’imputabilité en collaboration étroite avec les Conseils régionaux de la CMER.

 

·         Que le CMER avec ses partenaires œcuméniques contacte la Commission sur le statut de femmes de l’ONU, l’incitant fortement à un dialogue et à des réponses quant à toutes les formes de violence de genre.

 

L’attention de la Communion à un partenariat égalitaire : la consécration des femmes

 

·         Que la CMER adopte « La Déclaration de foi sur la consécration des femmes ».

 

·         Que le Conseil exécutif de la CMER favorise la discussion et le discernement auprès de ses Eglises membres qui, actuellement, ne consacrent pas les femmes. Celles-ci devront établir des principes et un plan d’action par lequel « La Déclaration sur la consécration des femmes » sera réalisée avant la prochaine Assemblée générale de 2024.

 

 

 

En après-midi, nous avons eu droit à une étude sur les versets 1 et 2 de l’Epitre aux Romains par la théologienne méthodiste d’origine mexicaine Elsa Tamez, la première intervenante à s’exprimer en une autre langue que l’anglais ! Enfin ! Parlant en espagnol, elle nous a fait revivre les péripéties d’une lettre pastorale à travers les yeux d’une femme-diacre Phoebe.

 

 

Et Jean-Sébastien Bach alors ? L’hôtel où je loge se trouve à quelques minutes de marche à peine de l’église Saint-Thomas, là même où Bach a été cantor et organiste pendant plus de trente ans et pour laquelle il a composé la majeure partie de ses œuvres. L’orgue sur lequel il jouait, et sur lequel a également joué Mozart, s’y trouve encore…

 

 

Demain, toute la journée est consacrée à visiter Berlin.

 

 

 


Conseil général de la CMER – Jour 2

La journée de vendredi a commencé par le culte d’ouverture à l’eglise luthérienne Saint-Nicholas, la plus grande église de Leipzig. La célébration devait avoir lieu hier, le premier jour de l’Assemblée générale de la CMER (Communion mondiale des Eglises réformées), mais comme le président Steinmeier du land (=province) n’étant plus disponible, elle a été remise au lendemain.

 

L’église est construite en 1165 et dédiée à Saint Nicolas, patron des marchands. Elle se trouvai alors en plein milieu de la ville à l’intersection de deux routes marchandes majeures de l’époque. Cette église romane sera agrandie au XVIe siècle dans un style gothique tardif. L’église Saint-Nicolas est devenue protestante en 1539, mais l’Eglise catholique romaine de l’endroit peut toujours l’utiliser pour certaines cérémonies. Elle a accueilli la première représentation de la Passion selon Saint-Jean de Jean-Sébastien Bach (dont nous parlerons demain) le vendredi Saint de 1724.

 

L’église Saint-Nicolas est devenu un symbole national en 1989, pour avoir été le théâtre des manifestations du lundi. Des paroissiens se sont rassemblés sur le parvis en se tenant là en silence avec des chandelles à la main pour manifester contre le régime communiste. Bientôt ce sont des milliers de personnes qui les rejoignent inexorablement. Ce sera la première faille dans le Rideau de fer et le mur de Berlin.

 

Le culte d’ouverture sera à l’image de la CMER, vivant et diversifié ; si l’allemand et l’anglais dominent, on aura droit à une lecture en coréen, une autre en espagnol, une prière en français et une danse indonésienne, et bien sûr à des chants multilingues.

 

L’après-midi on écoute surtout le secrétaire général Chris Ferguson, présenter son rapport avec sa fougue coutumière. Dur dur de prendre une photo nette de lui !

 

« Après un état de crise financière grave, nous avons désormais retrouvé la stabilité », lâche Chris Ferguson. Il revient sur les différents événements qui se sont passés ces sept dernières années tout en offrant des pistes pour l’avenir. En 2014, la CMER a quitté ses locaux de Genève pour s’installer à Hanovre, en Allemagne. « Notre siège se trouvait dans une des villes les plus chères d’Europe. Pour continuer à avancer, nous avons dû prendre la douloureuse décision de déménager. Et grâce aux généreux soutiens de nos membres, de nos partenaires et des Eglises réformées allemandes, nous avons pu avancer en confiance ».

 

Dépassant cette crise financière, la CMER a établi de nouveaux objectifs pour la suite. En 2016, le Comité exécutif a constitué un plan stratégique basé sur cinq thématiques : la mission, la communion, la justice, la théologie et le dialogue œcuménique. « Par rapport à la mission, nous avons entre autres développé des programmes pour apporter de la spiritualité aux familles dans les zones de conflits », précise le secrétaire général. Et si la communion des églises demande un travail permanent, la question de la sexualité se retrouve sous le feu des projecteurs. « Nous devons reconnaître que cette question nous divise. Mais ce sujet ne doit pas nous amener à la séparation. Nous devons en parler pour comprendre ce qui nous relie vraiment ». Cette question sera traitée au mois de novembre par un groupe de consultation.

 

Quant à la question de la justice, la CMER a décidé de mettre l’accent sur l’égalité entre les femmes et les hommes. « La justice de genre ne se limite pas à l’ordination des femmes. Nous souhaitons atteindre 50% de participantes dans nos assemblées », explique Chris Ferguson.

 

Une autre thématique qui se retrouve au centre des préoccupations, particulièrement en cette année de Jubilé de la Réforme, concerne l’œcuménisme. « Nous poursuivons ce travail de dialogue, notamment par la signature de la Déclaration commune concernant la doctrine de la justification, mercredi 5 juillet prochain à Wittenberg ». Ce traité établit en 1999 entre l’Eglise catholique romaine et la Fédération luthérienne mondiale affirme que les Eglises partagent « une même compréhension de la justification par la grâce de Dieu à travers la foi en Christ ».

 

Plus largement, Chris Ferguson a appelé à une transformation de la société. « En tant que communion mondiale, nous sommes tous conscients que notre monde entier et notre planète sont en crise dans toutes leurs dimensions : politique, économique, social, culturel, religieux, écologique, militaire menaçant la vie, la durabilité et le bien-être. Nous devons lutter contre ces violences ». Notamment en donnant une voix aux plus démunis, en s’engageant pour les jeunes et les enfants tout en approfondissant la compréhension des intersections entre la théologie et la justice, la paix et la réconciliation.

 

Puis vient la tant attendue intervention de l’éminent théologien allemand Jürgen Moltmann. Né à Hambourg en 1926, Moltmann, dans une famille protestante peu religieuse, il devient pasteur en 1953, et commence une carrière de professeur en 1958 à Wuppertal, puis à Bonn en 1963 et finalement à Tubingen en 1967. Il propose une théologie de l’espérance dans laquelle il insiste sur l’espérance chrétienne et la solidarité du « Dieu crucifié » avec les humains ; son travail théologique veut penser et dire la foi chrétienne d'une manière adaptée au monde moderne. Moltmann se fait surtout connaître par sa trilogie Théologie de l'espérance (1964), Le Dieu crucifié (1972), L'Église dans la force de l'Esprit (1975).

 

Il est difficile de résumer en quelques mots sa conférence. Il dresse un portrait plutôt sombre du monde, dans lequel les chétien-nes prônent et croient en un Dieu de la vie ; ainsi, pour nous, « c’est la vie qui engendre plus de vie ».

 


Conseil général de la CMER – Jour 1

                En 2010, l’Alliance réformée mondiale (ARM) et le Conseil œcuménique réformé (sigle anglais REC) se sont fusionnés pour constituer ensemble la Communion mondiale des Eglises réformées (CMER). Ceci s’est passé lors de l’Assemblée générale de l’unification (AGU) à Grands Rapids aux Etats-Unis. (Petite note en passant : je devais assister à cette Assemblée générale, mais malheureusement je suis tombé malade trois semaines auparavant, et j’ai dû annulé mon voyage ; je ne voulais donc pas manquer la première Assemblée générale, sept ans plus tard à Leipzig en Allemagne, de la nouvelle organisation).

 

                Quand on arrive à ce genre d’événement, la première chose importante, bien sûr, est de s’orienter : s’orienter dans la ville certes, mais aussi s’orienter dans les lieux de la rencontre. L’Assemblée 2017 de la CMER se passe dans le Centre de congrès de la ville de Leipzig, on dit le Messe, c’est à dire « le Marché ». C’est très vaste, immensément vaste, tellement vaste que les employés se promènent d’un endroit à l’autre en vélo à l’intérieur (c’est vrai, je les ai vus). Mais bon, il faut tout d’abord trouver le bon tramway (no 16) du centre-ville au Messe, et sur place, on finit par trouver cahin-caha son chemin des bureaux de l’équipe des Communications à la salle des plénière à la cafétéria (important !). Les bureaux des traducteurs sont tout juste à côté de ceux du secrétaire-général Chris Ferguson, pasteur de l’Eglise Unie du Canada. Sa femme, Susan, que je n’avais pas vue depuis Jérusalem en 2007 est, quant à elle, responsable de l’équipe des interprètes. Nous tombons dans les bras l’un de l’autre. Il prend quelques minutes pour me demander des nouvelles de Saint-Jean et de quelques anciens qu’il connaît, et me raconte en quelques mots les hauts et les bas de son travail. Il promet de venir pour nos célébrations du 500e anniversaire de la Réforme en automne.

 

                Comme le dit le guide qu’on nous a remis dans nos sacs de bienvenue : « Notre Assemblée générale se réunit au cours de cette année où l’on commémore le 500e anniversaire de la Réforme de Martin Luther. Nous avons choisi le thème : « Dieu vivant, renouvelle et transforme-nous. » Que ce soit la prière de la famille de la CMER alors que nous avançons dans les années qui viennent accompagnés par la sagesse et la grâce de Dieu, et quête de justice et de paix dans le monde. » Et c’est signé, Jerry Pillay, président de la CMER, d’origine sud-africaine.

 

                On peut dire que cette première journée a été celle de monsieur le président. Elle devait commencer par un culte d’ouverture à l’église Saint-Nikolas, mais reporté à demain pour causes de sécurité. Alors après une réception à l’Hôtel de ville de Leipzig et de l’inauguration d’une exposition sur la Réforme en présence du maire, l’après-midi est consacré à l’allocation du président qui termine cette semaine son mandat de sept ans. Il parle longuement du déménagement de bureaux de la CMER de Genève à Hanovre pour causes financières, ainsi que sur les divers différents qui ont surgi dans les régions, et les partenariats avec des organisations œcuméniques partenaires et oriente la CMER sur quatre pistes d’action dans le monde. Mais, conclut-il, « la CMER est une organisation stable, saine, solide, et mesure de poursuivre son travail qui consiste à poser sur le monde la marque de l’amour, de la grâce, de la paix et de la justice de notre Seigneur Jésus Christ. »

 

                Puis vient une réflexion théologique (un peu compliqué à suivre, je dois avouer) du théologien indien George Zachariah.

 

                En soirée, je devais aider à la traduction pendant la rencontre de la région Afrique, mais de toute urgence il faut traduire la prédication de ce même président qu’il offrira demain lors du culte d’ouverture. Merci à Elisabeth pour son aide précieuse, mais nous ne rentrons malgré tout à l’hôtel que passé 23 hr.

 

David Fines

 


Quoi faire en juin ?

Le calendrier indique que plusieurs journées particulières d’action et de réflexion nous sont proposées en juin. Autant d’occasions de réfléchir, alors que l’été nous offre plus de temps libre, à notre engagement tant en faveur de l’environnement que des droits humains.

 

Première semaine de juin - Semaine canadienne de l’environnement

On peut porter une attention particulière aux divers services de recyclage et de récupération offerts par sa municipalité. On peut en profiter pour prendre contact avec les petits groupes de citoyens conscients et actifs quant aux questions écologiques

Lire la parabole de Luc 10,29-37 en la transformant en parabole du « Bon Samaritain écolo ».

 

5 juin - Journée mondiale de l’environnement

La Journée mondiale de l'environnement (JME) a été créée par l’ONU lors de la Conférence de Stockholm sur l’Environnement humain en 1972. Parmi ses objectifs on peut lister : « Donner un visage humain aux problèmes environnementaux; Amener les peuples à devenir les agents actifs du développement durable et équitable; Promouvoir la compréhension du fait que les communautés sont incontournables dans les changements d’attitudes en ce qui concerne les problèmes environnementaux; et Défendre le partenariat qui assurera à toutes les nations et les peuples d’apprécier un futur plus sûr et plus prospère. » C’est bientôt le temps de vacances : essayons de planifier des vacances (plus) écologiques.

Lisons et chantons le Psaume 96 : Chantez au Seigneur un chant nouveau…

 

7 juin - Journée mondiale de l’air pur 

Pourquoi aujourd’hui ne pas faire un événement social ou familial dehors, dans un parc des environs ? Et y sentir le souffle de Dieu ? Y faire participer le chant des oiseaux et la beauté de nuages ? Faisons une discussion sur CO₂, le smog, les gaz à effets de serre, les 10 000 produits chimiques qui se promènent dans notre environnement, ou encore sur la couche d’ozone.

Méditer sur Genèse 2,5-7 ou Apocalypse 9,1-2.

 

8 juin - Journée mondiale des océans

Les océans couvrent les quatre cinquièmes de la surface de la Terre; c’est dans leurs eaux qu’est née la vie il y a environ de 3,5 milliards d’années et ils abritent la majorité des formes de vie. Et pourtant, ils ne sont pas épargnés de la détérioration. À certains endroits, il y a six fois plus de plastique que de plancton. Il s’y trouve de nombreuses zones mortes, où il et donc plus n’y a plus d’oxygène de phytoplancton et donc plus aucun poisson. Ces débris se retrouvent ensuite dans l’estomac des animaux marins, les intoxicant : ils s’étouffent et meurent. Ni les gouvernements, ni les entreprises ne veulent payer pour nettoyer un océan que personne ne voit. Il n’y a aucun avantage économique à y faire le ménage. Pendant ce temps, les déchets s’accumulent. Et personne ne sait comment s’en débarrasser.

Lire : Jean 21,1-14 et Luc 5,1-11.

 

12 juin - Journée internationale des enfants 

Aujourd’hui même environ 250 millions de garçons et de filles âgés de 5 à 17 ans travaillent dans le monde dont plus de 150 millions dans des conditions dangereuses. Cent millions seulement dans le secteur agricole, l’un des trois secteurs les plus dangereux (avec l’industrie de la construction et celle des produits chimiques). Ces enfants, pour gagner leur vie et celle de leur famille, passent leurs journées, à travailler dans les champs, à garder le bétail ou à nettoyer des poissons. Ils sont complètement invisibles et demeurent sous le contrôle absolu des employeurs. Les conditions pénibles et avilissantes de travail entraînent de nombreux problèmes comme le vieillissement précoce, la malnutrition, une mauvaise santé, la dépression ou la dépendance aux drogues. Si ces enfants sont ainsi exploités, c’est pour nous nourrir, pour que nos comptoirs d’épicerie regorgent de produits variés. De nombreux organismes œuvrent à la protection de leurs droits et à leur mieux-être. Appuyons-les.

Que disait Jésus sur les enfants ? Matthieu 2,16-18 et 21,16.

 

17 juin - Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse

                Oui, d’une certaine façon la désertification, processus de dégradation des sols dans les zones arides ou semi-arides, est un phénomène naturel relativement lent dû aux variations climatiques. Or, ce phénomène s’est accéléré à cause du réchauffement planétaire et par l’extension des activités humaines telles que l’irrigation, l’industrialisation, le tourisme et le surpâturage et il constitue aujourd’hui une catastrophe naturelle à long terme et probablement irréversible. Treize millions d’hectares sont rasés chaque année, à cause de l’élevage des bovins, des cultures des biocarburants, des monocultures intensives comme l’huile de palme ou d’eucalyptus. L’UNESCO considère que de 30% à 40% des terres émergées est menacé par ce phénomène et que 70% des terres arides sont déjà en cours de désertification; ce qui touche un sixième de la population mondiale (900 millions de personnes dans 90 pays).

Que penser du Psaume 63 ?

 

20 juin - Journée mondiale des réfugiés

En 2016, le nombre des migrants a dépassé les 65 millions et sans doute les 70 millions au 1er janvier 2017, soit la population entière d’un pays comme… la France. En 2050, le nombre des réfugiés devrait atteindre 250 millions; ou peut-être même le milliard d’êtres humains. Les raisons ? Principalement la guerre. Les études du HCR (Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU) démontrent que seulement trois pays génèrent la moitié des réfugiés : la Syrie, l’Afghanistan et la Somalie. Mais d’autre conflits accélèrent le mouvement : Soudans du Sud, Yémen, Burundi, Ukraine, République centrafricaine…On estime que chaque minute de chaque jour, 24 personnes laissent tout derrière elles pour fuir la guerre, la persécution ou la terreur, qu’elles soient des rapatriées, des apatrides, des demandeurs d’asile, des personnes déplacées internes. Les réfugiés climatiques sont aussi en rapide augmentation.

 Lire attentivement : Deutéronome 26,1-7; 10,19; Genèse 46,1-7.

 

21 juin - Fête des peuples autochtones

Les peuples autochtones entretiennent une relation privilégiée avec la terre. « Nous ne croyons pas que la Terre nous appartient, nous savons que nous appartenons à la Terre. » Ils ont accueilli les premiers explorateurs et les premiers colons, pensant sincèrement qu’ils respecteraient la terre de la même façon et qu’ils vivraient en harmonie avec elle.  La spiritualité amérindienne traditionnelle conçoit le territoire comme un élément identitaire fondamental : chacun vient de la Terre. Cette réflexion on ne peut plus actuel avec, au Canada, la Commission sur les femmes et les filles disparues, et celle au Québec, sur les relations entre les services gouvernementaux et les populations autochtones. Dans l’Église unifiante d’Australie des célébrations sont faites chaque dimanche en treize langues autochtones; intéressant.

 

Un seul verset à retenir : Lévitique 25,23 ou encore Psaume 39,13.


Équipe pastorale – 11 février

Sept personnes sont venues à la rencontre.

 

 

A-Bilan des activités qui se sont mises en marche depuis la dernière rencontre :

Cellule Fraternité : Équipe d’accueil constitué; petit guide d’accueil; activités extérieures

Célébration : Dimanches autrement; prédicateurs invités

Éducation : Bonjour Dieu; Études bibliques de Jean Porret

Solidarité :

 

Remue-Méninge (les activités soulignées seront mises sur pied en priorité) :

 

1-Fraternité :

                Retraite, Visite de lieux de culte, raffermir les partenariat, Visites aux malades, aux personnes âgées, « jeunes adultes perdus », Petits déjeuners, Communication régulière, Rapprochement avec Belle-Rivière, « Discerner l’Esprit                Subventions, Repas post-culte.

 

Décisions : Jean-Luc Tremblay personne-pivot de ce secteur

(Équipe d’accueil : Evelyne Sulla, Lucette Grignon-Mercy, Marcel Ngirinshuti, Jeems von Platen, Christophe Bourdaire, Jean-François Hammond, Caroline Jetté)

On ajoute au mandat : la préparation des rafraîchissements après le culte.

Aussi : coordination des activités extérieures par Éliane Fréchette et Charles Olivier

Il faudra faire du recrutement pour l’équipe des visites.

David F. s’occupera des demandes de subventions.

Un repas avec les enfants sera organisé le 18 juin lors du dernier dimanche Bonjour Dieu

 

2-Célébration :

Cultes méditatifs, cultes conjoints et échanges de chaires (Camino, Saint-Luc, Sud-Ouest, Luthériens, M.-C. Manga, Mennonites), Conférences, Prédications dialoguées, Chants du Carême, « Messe » qui prend son temps, Café éphémère, Prières pour les malades, Culte pour les défunts, invitation aux « jeunes », cultes intergénérationnels (Rentrée, Avant Noël, Rameaux),

 

Décisions : David F. demeure responsable du secteur célébration; on prévoit une rencontre par saison avec les prédicateurs certifiés (Robert Jacques, Jean-Luc Tremblay, Jean Porret)

                Il prendra contact avec le pasteur de Saint-Luc pour la Semaine Sainte; et d’autres paroisses pour plus tard

Claire mettra sur pied des répétitions de chants durant le Carême

                On fera du culte de Pâques avec Bonjour Dieu ! une célébration intergénérationnelle.

Un culte méditatif (Taizé) aura lieu en avril lieu le 23 avril (aussi : Jour de la Terre)

Les « dimanches autrement » à venir

Février : Nouveaux membres

                                Mars : Aux saveurs africaines

                                Avril : Style Taizé

                                Mai : Foi et Fierté

Juin : Jeunes/Culte à l’extérieur…

David proposera des soirées de prières pour les malades.

 

3-Éducation :

                Dépliants sur la foi chrétienne, (distribués par IKTUS), Samedi-ressourcement, Jeunes parents et transmission, Parcours Alpha, impliquer Foi et fierté, Événements après cultes (par exemple Dany Croteau, Paula Kline, Richard Chrétien…)

 

Décisions : Robert Jacques personne-pivot de l’équipe Éducation (avec Corinne D., Clarence D., Jean P., Monique M.)

Il se penchera sur l’opportunité d’une rencontre ce printemps.

Il animera un samedi-ressourcement.

David contactera Richard Chrétien du Sac-à-dos

 

4-Solidarité :

                Contacts avec les autres paroisses, Autochtones et autres communautés, les franco-protestants, information/lettre de paroisse, communautés de base, enjeux sociaux (invités), réfugiés/enjeux internationaux, Écoresponsabilité, Mission et service, Souligner les anniversaires, naissance, etc.

Ce secteur est encore en gestation.

On essayera de former un comité vert à l’Assemblée annuelle.

David mettre l’accent sur une feuille d’information régulière. 

On soulignera plus les anniversaires, et autres événements

Les « enjeux sociaux » sont pris en considération par le secteur Éducation.

 

On s’entend unanimement pour que toutes les équipes travaillent sur un « automne réformé ».

 

Une rencontre qui portera là-dessus aura lieu le 13 mai à 10h00 pour un lancement lors du pique-nique à Belle-Rivière le 20 août.


Attaque contre la Grande Mosquée de Québec : une invitation ?

L’attaque meurtrière du 29 janvier contre la Grande mosquée et le Centre islamique de Québec a secoué tout le Québec, et a même eu des échos à bien des endroits sur le globe. Les réactions n’ont pas tardé. Parmi celles rendues publiques, la présidente du Conseil canadien des Églises, la chanoine anglicane Alyson Barnett-Cowan, exprime que toutes les Églises chrétiennes du pays se sentent en deuil, et qu’elles s’engagent « de nouveau à s'opposer à la haine et aux préjugés qui défigurent nos communautés et qui mènent à la violence tant au pays qu'à l'étranger ».

Le Centre canadien pour l'œcuménisme (CCO), quant à lui, dans un communiqué signé de ses représentants Paul Paradis, président du conseil d'administration, et Adriana Bara, directrice générale ou CCO, a condamné cette horrible attaque : « Nous pleurons avec la communauté musulmane et prions pour les victimes et leurs familles.

Nous rejetons la violence, en particulier lorsqu'elle est perpétrée au nom de la religion. Nous ne pouvons pas et ne voulons pas vivre dans la peur, le désespoir et les préjugés. Nous restons ainsi en solidarité avec tous les groupes qui construisent des ponts de compréhension et de paix par le dialogue interreligieux respectueux et pacifiste. »

Bien d’autres Églises et groupes religieux ont renchérit dans la même veine, nous appelant à la fois à écouter « les angoisses persistantes d’une partie de la population, quant à la disparition d’une société qui aurait été, jadis, plus homogène », à s’engager résolument et ardemment dans le dialogue et à œuvrer ensemble pour « sortir de la peur pour construire le Québec de demain » (Centre Justice et Foi).

Enfin je retiens aussi un texte proposé par l’écrivaine et militante pour une société laïque Djemila Benhabib, critiquant l’attitude des politiciens. « Je me serais attendue à ce que ces rencontres avec les religieux musulmans soient aussi une occasion pour nos politiciens de leur expliquer le sens de la démocratie. La nécessaire distanciation entre le politique et le religieux pour protéger les religions précisément. Le profond respect des femmes. Notre attachement à la liberté d'expression. Notre rejet viscéral de la violence. (…) Ils se sont drapés dans les paroles des religieux. Nous avons assisté à un rare moment d'islamisation de la démocratie en direct. Ils n'ont pas su afficher la hauteur qu’exigent d'eux leurs fonctions. Un politique n'a pas à reprendre les paroles d'un religieux. Car il représente les Québécois dans leur pluralité et leur diversité. Il doit toujours incarner avec dignité sa fonction et ne jamais perdre de vue le sens de la nation et des grands principes démocratiques », écrit-elle.

La pasteure de la paroisse unie Saint-Pierre à Québec, Darla Sloan, quant à elle, ne pouvait bien sûr rester insensible à cette attaque envers ses voisins et s’est dit « consternée » et « profondément désolée » par la tuerie. Elle a participé à une vigile dès le lendemain soir car elle sentait « le besoin de se recueillir ».

« On est avec la communauté musulmane, a-t-elle rappelé. C’est aussi important pour les croyants de dire que religion n’est pas signe de guerre et de conflit et qu’on peut être solidaires les uns des autres. »

« L’unité dans la diversité, c’est le message de ma confession », a ajouté Darla Sloan, en rappelant que l’Église Unie du Canada est elle-même née de la rencontre de trois confessions chrétiennes différentes en 1925.

Nous pleurons certes avec les familles de six victimes de cette tuerie. Notre communauté, celle de la famille de l’église Saint-Jean, peut certes témoigner de la richesse qu’apporte la diversité d’opinions, d’origines et de modes de vie. Elle se veut depuis longtemps ouverte à l’autre et préoccupée à bâtir des relations constructives avec ses voisins. Il y a quelques années, on s’en souviendra, des membres de la communauté soufi y avaient été invités pour y partager un peu de leur foi et comment la vivent-ils. Peut-être une occasion, une invitation, nous est offerte aujourd'hui de reprendre l’initiative de cette découverte mutuelle et de ce cheminement commun.

 

David Fines


Magnifique célébration œcuménique !         « Nous réconcilier : l’amour du Christ nous y presse. »  (2 Corinthiens 5,14-20)

 

                 C’est à un véritable feu de joie, une magnifique communion fraternelle qui a explosé en mille facettes de réjouissances, que nous avons assisté lors de la célébration œcuménique qui s’est déroulée dimanche le 22 janvier dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne sous le thème de la réconciliation. L’esprit y était en effet à la fête et au rapprochement.

Quatre groupes ont participé à la préparation et à l’animation de la cérémonie : les paroisses unies Saint-Jean et Camino de Emaús, IKTUS (l’Association des étudiants chrétiens de l’UQÀM) et l’Église de Jésus Christ à Madagascar notamment avec la prestation remarquée du Chœur Antsa Fitoriana.

Tandis que des lectrices et lecteurs avaient été choisis dans ces communautés pour les différentes parties de la liturgie, Laurent Lafontaine, l’un des fondateurs de IKTUS il y a vingt ans (notamment avec le pasteur de Saint-Jean de l’époque, Denis Fortin) s’est chargé de la prédication.

Cette année, les textes des prières et les choix de lectures nous étaient proposés par un regroupement œcuménique d’Allemagne, par l’entremise du Conseil œcuménique des Églises et du Conseil canadien des Églises.

Parmi les moments particulièrement touchants de la célébration qui servait de point de départ des commémorations du 500e anniversaire de la Réforme protestante, soulignons, en plus des chants offerts par le chœur malgache, le partage de la paix, au début de la cérémonie, ainsi que le partage de la lumière en conclusion.

Un gros gros merci à tous ceux et celles qui ont fait de cette célébration un si beau moment.

Unanimement, c’est une façon de célébrer qu’il faudra répéter… et ce, sans attendre la prochaine semaine de prière pour l’unité en 2018 !

Allez voir les photos dans la galerie des photos !

David Fines

 

 


le mot du pasteur

Célébrer, pour la seule gloire de Dieu…

 

               Tout d’abord, les membres du Conseil de paroisse de l’église unie Saint-Jean, se joignent à moi pour vous souhaiter une excellente année 2017, remplie de Paix et de Joie.

 

 

Après l’Avent et la Nativité, nous avons célébré, dimanche dernier, le 8 janvier, la fête de l’Épiphanie. Cette fête de l’Épiphanie est bien moins suivie dans les Églises occidentales, à cause de l’enflure hypertrophiée qu’a pris Noël au cours de siècles, que dans les Églises orientales qu’elles soient orthodoxes, arméniennes ou byzantines. Peut-être peut-on se rappeler que pendant quatre cent ans, l’Épiphanie était la deuxième plus grande fête chrétienne tout juste après Pâques.

Épiphanie vient du mot grec qui signifie apparition, manifestation. Pour ces Églises orientales, c’est cette manifestation indubitable de Dieu parmi les humains qu’il importe de célébrer. Ainsi, n’hésitent-elles pas à ajouter à la venue des mages, le baptême de Jésus, ainsi que les Noces de Cana, deux autres épisodes où la puissance divine s’est manifestée de façon indéniable.

                À cela s’ajoute une autre sujet de célébration : 2017, c’est l’année du 500e anniversaire de la Réforme, ce gigantesque bouleversement religieux, spirituel, social et politique du 16e siècle, dont sont issues toutes les Églises protestantes. Les célébrations de cet anniversaire sont déjà commencées, notamment en Europe, dans lesquelles l’accent est moins mis sur nos différences que l’apport du protestantisme au christianisme dans son ensemble et aux rapprochements œcuméniques significatifs.

                 Ainsi, pour inaugurer cette année de commémoration, nous commencerons par une grande célébration œcuménique dans le cadre de la Semaine de prières pour l’unité chrétienne, soit le 22 janvier prochain; une cérémonie organisée conjointement entre Saint-Jean et Camino, en partenariat avec IKTUS, le service d’animation biblique et pastorale de l’Université du Québec à Montréal, et avec la participation du Chœur Antsa Fitoriana, de l'église malgache FJKM de Montréal.

               Nous espérons bien que vous viendrez célébrer avec nous !  

 

David Fines

Pasteur

 


Au revoir à Éliane Mathey

                Samedi 19 novembre dernier, à l’église catholique Saint-Albert-le-Grand, nous avons dit un dernier au revoir à Éliane Mathey, membre estimée de la communauté Saint-Jean pendant quarante ans. Une cérémonie à la fois triste et belle, illuminée par la présentation à l’écran de nombreuses œuvres de l’artiste qu’a été Éliane, ainsi que par les chants de la communauté et la musique de Claire Borel et de Jacques Hains. Cette cérémonie œcuménique, aux accents interreligieux, a été co-animée par Michel Cadrin, prêtre, et le pasteur Denis Fortin qui s’est chargée de la prédication.

                Nous nous souviendrons qu’à l’église unie Saint-Jean, Éliane s’était impliquée notamment auprès des enfants dans l’animation des Joyeux dimanches.

                Nos prières accompagnent Robert, son mari, Élise, sa fille, et Jean-Sébastien, le conjoint de celle-ci.

 

                Un grand souci d’Éliane a été l’éducation des enfants dans les pays en développement. Les personnes qui veulent partager son souci peuvent faire un don à la Fondation Gérin-Lajoie : fondationpgl.ca/accueil/


Cérémonie d’alliance du pasteur David Fines

                À quelle belle célébration ont eu droit les 70 personnes rassemblées à l’église Saint-Jean en ce 6 novembre !

                D’abord, une fois n’est pas coutume, c’était une célébration conjointe entre les deux paroisses sœurs, Saint-Jean et Camino de Emaús, préparée avec soin et co-animée par les deux pasteurs David Fines et Rosa Donoso : dans une atmosphère de réjouissance, lectures et prières en français et en espagnol, chants bilingues, communion partagée, et « prédication double » la pasteure de Camino en français et le pasteur de Saint-Jean en espagnol (ce qui en a étonné plusieurs) ! Une expérience qu’il faudra renouveler de l’avis tous.

                À l’intérieur de cette célébration s’est greffée une cérémonie d’alliance entre le pasteur David Fines et la paroisse Saint-Jean animé par le président du Consistoire Laurentien Pierre Goldberger, et agrémentée des bons mots du président de la paroisse Jean-Claude Lalancette qui a surpris tout le monde par ses propos remplis humour; il a offert au nouveau pasteur trois cadeaux : une houlette en branche d’arbre pour guider sa communauté dans le droit chemin, un sablier pour ne pas oublier le temps qui passe et un pagaïe pour traverser les eaux troubles ! En fait toutes les personnes présentes ont été invitées à signer leur nom sur cette pagaïe que David Fines gardera en souvenir.

                 On a souligné la présence de plusieurs invités, notamment le pasteur Richard Bonetto de l’Église presbytérienne et plusieurs représentant membres de l’Église catholique qui étaient venus appuyer le pasteur Fines dans son nouveau ministèreé

                Le tout s’est terminé par un buffet très apprécié et un verre de vin.

 

                Merci à Mirjam Fines-Neuschild pour son leadership musical ainsi qu’aux deux présidents de paroisse Jean-Claude Lalancette et Mayerling Arredondo.


Octobre 2016

 

Notre prière

 

La prière (quotidienne) est un dialogue avec Dieu, une conversation bienfaisante. La prière, communion avec Dieu, est l’un des rituels au cœur de la spiritualité chrétienne. La prière, c’est le silence, l’écoute de Dieu, de même que les paroles que nous lui adressons. Nous pouvons prier seul-e ou en groupe, avec ou sans musique, en ajoutant des gestes ou des expressions artistiques ou cultuelles. Voici une liste de formes de prières tirée de l’enseignement de Jésus.

La louange et l’adoration : Notre Père qui est aux cieux ! Que ton nom soir sanctifié…

Une forme de prière dans laquelle nous reconnaissons et exprimons tout ce qu’est notre Dieu, autant sa grandeur et sa puissance que sa bonté et son amour. Elle peut être accompagnée de temps de silence et de contemplation; on y prend conscience de la présence de Dieu et d’exprimer ce qu’on ressent.

L’intercession : Que ton règne vienne; que ta volonté soit faire sur la terre comme au ciel.

Une forme de prière relative au dessein de Dieu pour notre monde et pour l’humanité; Inspiré par son amour nous lui présentons nos voisins, les habitants de notre ville et pays, pour les autres peuples à l’étranger, particulièrement ceux qui souffrent de la guerre, des conflits, des catastrophes naturelles. Nous prions pour la justice, la paix et la joie par le Saint-Esprit, car c’est cela le Royaume de Dieu.

Les requêtes : Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien.

Dans cette prière nous exprimons à Dieu nos demandes personnelles celles qui nous tiennent à cœur, ainsi que celles de autres; nous avons la confiance que Dieu s’y intéresse, puisque c’est Dieu qui nous a placés dans ce monde. Nous lui faisons part de besoins concrets (nourriture, travail, santé) dans une prière dont l’essence même s’apparente au don de soi, qui va à l’encontre de tout égocentrisme, qui nous rend disponibles aux autres.

La confession : Pardonne-nous nos offenses… mais délivre-nous du mal.

Devant la sainteté de Dieu, je ne peux qu’admettre j’ai tendance à errer; je présente à Dieu mon égoïsme, mon orgueil et le mal que je fais lorsque je les laisse diriger ma vie. J’ai besoin d’être pardonné, d’être transformé, d’être libéré. Dieu me comble de vie nouvelle.

Les actions de grâce

C’est la reconnaissance, vive et vraie, pleine et entière pour tout ce que Dieu fait dans ma vie, dans la vie mon église et dans le monde.

Pourquoi parler de prière aujourd’hui ? Parce que nous croyons au pouvoir de la prière et parce qu’il y un grand de membres de notre paroisse qui ont besoin de l’apport de nos prières :

Josiane et Jean Porret

Marylise Murisier et Jean-Louis Lalonde

Jacques Labadie et sa femme Louise

Faye Wakeling et Pierre Goldberger

Randy Mylyk

Madeleine Descroix

Marc Dunant

Félix Adouayom qui est dans le deuil de sa femme Philomène

 

Et d’autres que nous connaissons et que nous aimons…