Spiritualité Saint-Jean 2017

Proposition de  retour aux sources  et de force intérieure


Au commencement, Dieu et nous

Genèse 1,1

Au commencement Dieu créa, dit le Genèse.  Passer ses vacances au bord du Saint-Laurent, est comme prendre du temps de la vie qui s’écoule avec nous et malgré nous parfois. Le récit de la Genèse est un événement que nous ne pourrons jamais saisir dans son infiniment petit ou son infiniment grand. Il reste à voir et à regarder et un peu comprendre. Utiliser au mieux et apprivoiser un petit peu. « Créer », pour les Hébreux, est un verbe exclusif à Dieu. Les humains peuvent découvrir et explorer, aménager, mais pas « créer ». À nous tout un travail du cœur et des bras avec intelligence. Aussi le premier verbe du grand Livre précise qu’ « au commencement Dieu créa ». Dieu fait un événement en trois parties. Il commence par un cadre de vie et de séparation en partant du chaos et finissant à la terre ferme et la végétation. Puis il place les habitants en plaçant soleil et lune, pour terminer avec les animaux terrestres et les humains. Et le Dieu du commencement est encore là mais au repos complet.

Un cadrage de notre lieu d’existence passe donc du rien de la vie organisée et possible à une vie nommée par les humains pour chaque élément de vie. Et à chaque rythme, Dieu dit : « C’est bien ! » Mais quand nous les humains nous émergeons, Dieu renforce son appréciation avec un « très bien ». Enfin, au dernier jour, Dieu prend le temps de se reposer. Surtout ne rien faire ! Septième jour où il regarde avec le plaisir de voir et d’entendre. Dieu nous invite nous aussi à poser un deuxième regard sur la vie et son infini pour nous et en nous. Dieu crée donc et bénit tout de suite.  Et il dit du bien de tout. Traduit de l’hébreu sa parole de bénédiction signifie que nous sommes dans une maison habitée et habitable.

Il n’y a donc rien de nouveau quand nous prenons le temps en été de poser un autre regard sur nos vies et les lieux qui nous habitent. Et comme disaient les anciens : « En suivant le fleuve, on parvient à la mer » donc devant nous. Mais aussi même le fleuve le plus large, commence à une source. Une invitation à aller bien plus loin. Donc en arrière aussi. Nous sommes invités à faire ce voyage dans les extrêmes de notre vie, explorer au-delà de ce que nous voyons et entendons peut-être comprenons. Aujourd’hui nous ne disons rien de nouveau dans nos prières quand nous disons de Dieu que « Dieu était, est et sera ». Nous relisons simplement notre vie. C’est à ce voyage que la bible aussi ma ou notre prière, nous invite dans cette série.  Méditation et prière chaque mois est notre nouvelle invitation. Le temps est comme un fleuve que formeraient nos événements et nous proposent d’y donner un sens.

Dans le meilleur et le pire

Sur ce fleuve pas si tranquille de la vie, un livre biblique a pris le temps de garder ou mieux refléter nos extrêmes, un peu comme les accents d’une musique que nous rencontrons tous un jour ou l’autre. Ce livre s’appelle les Psaumes, et il y en a 150 regroupés selon les étapes et vagues de nos vies. Alors commençons par le plus beau pour donner vie au fleuve, il dit la louange et la reconnaissance au Dieu Créateur qui donne la vie que nous avons. Un recueil de cantiques de nos églises s’appelait Psaumes et cantiques. Au temps de la Réforme, nos prédécesseurs ont décidé de les reprendre et les chanter tous, et même un nouveau recueil, récemment paru, a réintroduit tous les 150 psaumes en une traduction qui a passé les siècles. Chaque culte commençait par un psaume comme dans la tradition des moines bénédictins. Mon arrière-grand-père était charpentier et cultivateur avec cinq vaches au village natal il y a un siècle trois quart. Il chantait ces psaumes et à quatre voix s’il vous plait, il nous les a transmis. Nous avons gardé depuis dans la famille l’habitude de le chanter autour de la table familiale. Voici le refrain du psaume 103 : « Ma vie bénit le Seigneur, de tout mon cœur je veux remercier le Dieu saint. Oui je veux remercier le Seigneur sans oublier aucun de ses bienfaits. »

Mais il y a un extrême quand tout va mal et que ça n’a plus de sens comme le psaume que Jésus criera lui-même sur la croix du Golgotha, le psaume 22 qui est lu à chaque vendredi-saint : « Mon Dieu, mon Dieu ! Pourquoi m’as-tu abandonné ? Quand nuit et jour je m’épuise à crier, mon Dieu, mon Dieu, pourquoi te tiens-tu éloigné de ma souffrance ? »

Nous sommes donc embarqués sur un fleuve pas si tranquille quand il déborde et inonde les bords de l’Ile de Montréal ou détruit comme les ouragans tout ce qui s’y retrouve sur son passage. Mais nous voyageons, et la vie est encore possible et bonne.

 

Psaume de la Création

 

Il y eut un soir, il y eut un matin

Magnifique poème de la création,

Semaine originelle qui rythme le temps et les êtres

En se berçant d’une tendre innocence

Bénis sois-tu Seigneur maître et créateur de l’univers !

 

Hélas, ou tant mieux les choses apparaissent

Diablement, ou plutôt divinement autrement complexes

Une semaine primordiale en sept jours

Qui détermine à jamais le temps humain

Entre la lumière du premier jour et le repos du septième

C’était parfait

Nous avions des balises et l’incertitude

Des jours venait battre la rive

Aux imageries tranquilles d’un monde domestiqué,

Mais tout est plus complexe, désormais

Et le monde enchanté d’hier

Est tellement plus compliqué, plus menaçant, plus terrifiant

Que tout ce qu’on avait osé imaginer.

 

 

André Beauchamp : Psaumes de la création. Paroles pour prier; Novalis 2012.